Les temps sont durs pour les «serial shoppeuses». Pendant les six premiers mois de l’année, la consommation en valeur du prêt-à-porter féminin a reculé de 5,8% (contre 2,5% pour l’homme et 2% pour l’enfant). «C’est le plus fort recul enregistré depuis 5 ans et peut-être même depuis 20 ans», a souligné mercredi Jean-Pierre Mocho, le président de la Fédération française du prêt-à-porter, lors de la présentation de son bilan économique de mi-parcours.
Traque aux prix barrés
Si la tendance se poursuit sur la fin de l’année, c’est le triste record de 2009, au plus fort de la crise économique, qui pourrait même être battu. Cette année-là, les ventes globales de l’habillement avaient accusé une baisse de 3,5%.
Parmi les explications de cette débâcle: une météo capricieuse, qui a notamment plombé le démarrage des soldes d’hiver et le lancement des collections printemps-été, avec une baisse record de 21,2% des ventes en avril par rapport à avril 2011. Mas surtout un pouvoir d’achat dégradé sur fond de crise économique.
Face à un budget de plus en plus serré (174 euros en moyenne, contre 205 euros au premier semestre 2011), les consommatrices misent sur une double stratégie: réduire les achats en volume d’une part (-10,7%), en privilégiant notamment les accessoires (+5%) aux gros achats. Et traquer «les prix barrés» de l’autre. La part des achats en soldes et promotions atteignent ainsi désormais 39,7% dans le prêt à porter féminin contre 36,7% au 1er semestre 2011. Et les achats en ligne grimpent de 18% pour atteindre 10,8% des dépenses d’habillement.
«Le grand export va sauver l’année»
Seul point d’optimisme pour la filière française du prêt-à-porter: le rebond de 2,4% des exportations au premier semestre, porté notamment par les marchés les plus lointains, qui surpassent pour la première fois les clients européens (51,1%).
Premier client de la France sur le marché du prêt-à-porter féminin, les Etats-Unis caracolent en tête (+45,7%), devant le Japon (+31,9%), Hong-Kong (+50,4%) et la Russie (24,4%). «Le grand export est le relais de croissance pour notre industrie. Le luxe est une image mais dans les salons professionnels le vrai business de la « french touch» se fait sur le haut de gamme et des marques moyennes moins connues», explique Jean-Pierre Mocho qui estime que «2012, sera difficile, mais le grand export va sauver l’année».