Les voix se multiplient pour ouvrir les TER à la concurrence

16 contributions
Publié le 12 septembre 2012.

TRANSPORT - Elle serait un remède face aux moyens financiers restreints des régions...

Un sujet hautement sensible qui incite le gouvernement à la plus grande prudence. Pourtant, le train de la concurrence s’accélère à grande vitesse. Après le transport de marchandises en 2003, les services internationaux de voyageurs en 2010, la fin du monopole des Intercités et des TER est attendue pour décembre 2019. Une échéance inéluctable qui amène la Fédération nationale des usagers des transports à presser l’Etat d’agir au plus vite pour la libéralisation des TER via des délégations de service public.

Un impératif renforcé par la crise économique empêchant aux régions, qui en ont la charge, depuis 2002, en vertu de conventions signées avec la SNCF, d’investir, faute de moyens. «La dégradation des infrastructures menace toujours la pérennité de certaines lignes régionales (ex: Alès-Besssèges)», s’alarme la Fnaut.

Les TER, un budget à cinq milliards

Selon un rapport de la cour des comptes datant de 2009, le coût du TER s’élève à cinq milliards d’euros par an. Ce dernier proposait alors de transférer massivement sur route les services ferroviaires TER peu utilisés afin de limiter la charge financière des collectivités.

«Cette perspective de régression du TER réapparaît aujourd’hui» après l’aggravation de leurs difficultés budgétaires, s’inquiète l’association. Or, une solution existe pour éviter ce scénario: prendre exemple sur le modèle allemand. Une étude menée par l’économiste Jean-Marie Beauvais souligne la démarche gagnant-gagnant opéré outre-Rhin, dès 1995, avec la fin du monopole de la Deutsche Bahn, équivalent de la SNCF, grâce à un système d’appel d’offres, avec en bout de ligne, l’attribution du marché au mieux-disant. Résultat: une offre de service en hausse de 8,5%, avec un bond de la fréquentation de 38%, une réduction des subventions publiques de 25%, les emplois de cheminots sauvegardés et une réduction des gaz à effet de serre. Qui dit mieux?

Un remède miracle que Jean-Marie Beauvais a extrapolé pour l’Hexagone. Selon ses calculs, sans augmenter la subvention d’équilibre versée au transporteur, les régions obtiendraient une progression de la fréquentation de 12% des TER, avec une amélioration limitée de la productivité des agents, et même de 50%, si cette dernière était boostée (temps annuel de travail relevé, billetterie embarquée…). Dans le premier scénario, la réduction annuelle des émissions de Co2 équivaudrait à celle de 15.000 Français. Elle serait même quatre fois plus forte dans le second scénario.

Pas de baisse des prix à l’horizon

A l’heure actuelle, les trains régionaux représentent 15% du transport ferroviaire hexagonal avec 800.000 usagers empruntant chaque jour les 5.700 TER. En moyenne, l’an dernier, le tarif d’un billet ne couvrait que 28% du coût par passager. Cependant, avec la concurrence, ils ne doivent pas s’attendre, forcément, à une baisse du prix. Jean-Marie Beauvais se risque seulement à envisager des tarifs réduits pour les familles nombreuses, par exemple ou des prix différents en fonction de l’heure de la journée. Mais pour la Fnaut, malgré tout, la concurrence permet «d’améliorer le rapport recettes/dépenses, d’éviter les transferts sur route, d’amorcer un cercle vertueux permettant de développer le TER et d’économiser l’énergie et les émissions de CO2».

Au final, même si elle n’est pas la panacée, avec une absence d’influence sur l’état des infrastructures puisqu’elle ne concerne que l’exploitation, «il n’en reste pas moins qu’elle peut jouer un rôle décisif. Les décideurs politiques qui la refusent tout en discourant sur la notion de service public portent une lourde responsabilité», estime Jean Sivardière, président de la Fnaut qui déplore le manque d’enthousiasme  du ministère des Transports sur ce dossier. Une réforme du rail doit être présentée par le ministre Cuvillier au début de l’année 2013.

Mathieu Bruckmüller
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr