Le harem sordide de Kadhafi

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Publié le 12 septembre 2012.

Annick Cojean La journaliste publie « Les Proies » (Grasset) ce mercredi

Dans son livre Les proies, Dans le harem de Kadhafi (Grasset), publié ce mercredi, la journaliste du Monde Annick Cojean raconte l'histoire de centaines de jeunes filles que l'ex-dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, a séquestrées et réduites à l'état d'esclaves sexuelles pendant des années dans sa résidence de Bal al-Azizia.

Comment Kadhafi choisissait-il

ses proies ?
Il avait des rabatteurs qui cherchaient des filles partout, dans les écoles, à des fêtes de village ou sur photos. Il pouvait aussi en désigner une lui-même en lui mettant la main sur la tête. C'était un code pour dire à ses gardes : « Je la veux. » Ces filles, très jeunes, constituaient le tout-venant et servaient à nourrir sa brutalité sexuelle. Au sous-sol de sa vaste caserne, il les violait, les forçait à boire, à fumer, à se droguer et à regarder des films pornos. Certaines le suivaient en déplacement : ce sont les fameuses « amazones », qu'il présentait comme sa garde rapprochée. Puis il y avait les autres – danseuses, actrices ou encore épouses de chefs d'Etat – que le Guide convoitait et pour lesquelles il déployait des moyens incroyables, afin de les attirer à lui. Kadhafi, qui se présentait comme féministe, gouvernait, sanctionnait et asservissait par le sexe.
Ses victimes le sont doublement : violées, et réduites au silence.
Ce harem sordide est le plus terrible tabou des années Kadhafi. Ses victimes sont enfermées dans leur secret. Avant, elles ne pouvaient rien dire : Kadhafi dirigeait tout. Aujourd'hui, malgré sa mort, elles ont tout à perdre en parlant. Elles seraient rejetées, voire tuées. La pression sociale, culturelle et religieuse est si forte qu'elles ne seront jamais reconnues comme victimes. J'espère que mon livre, bientôt diffusé en Libye, permettra d'y remédier et d'empêcher le nouveau gouvernement d'occulter le sujet.
Qui savait ?
Difficile à dire. Beaucoup de diplomates et services occidentaux savaient une part de vérité sur les mœurs de Kadhafi, mais ils ignoraient sans doute leur étendue et leur sauvagerie. En Libye, beaucoup s'en doutaient, mais la peur était telle qu'ils préféraient fermer les yeux.

Propos recueillis par Faustine Vincent
Premier ministre

Le chef du gouvernement libyen doit être élu ce mercredi par les 200 membres du Congrès général national, la plus haute autorité politique du pays issue des élections du 7 juillet.

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