Les cadres vont devoir se serrer la ceinture. Seulement 47% des entreprises ont l’intention de distribuer des augmentations en 2012, contre 59% en 2011, selon une étude de l’Apec. Plus d’un tiers d’entre elles restent indécises à ce sujet, deux fois plus qu’en 2011. Au final, l’an dernier, 77% en avaient accordé.
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Hausse moins élevée que l’an dernier
Lucides dans cette période de crise, seulement 36% des cols blancs pensent obtenir, cette année, une revalorisation de leur rémunération, même si la moitié, au moins pour la forme, vont en demander une à leur supérieur. Pour les chanceux qui en obtiendront une, dans la majorité des cas, elle sera moins élevée qu’en 2011.
Une enquête menée plus tôt, cette semaine par le cabinet Expectra, parlait d’une progression de 2,4%, contre 2,9% un an auparavant, avec un net avantage pour la province (+2,7%) par rapport à l’Ile-de-France (+1,7%). Les cadres seraient ainsi à peine mieux lotis que l’ensemble des salariés. Dans son dernier coup de sonde, le cabinet Aon Hewitt estimait à 2,6% la progression pour 2012, avant une embellie à 2,9% en 2013.
>> Dans le privé, les augmentations de salaires sont au plus haut, malgré la crise
Selon l’Apec, l’an dernier, pour ceux ayant bénéficié d’augmentations individuelles (40% des salariés), la hausse a atteint 3%. Au final, le salaire moyen d’un cadre s’élevait à 53.800 euros.
Des cadres très inégaux
Mais tous ne sont pas égaux. La part des cadres déclarant avoir été augmentés progresse avec l’effectif. Elle passe de 38% dans les entreprises de moins de 20 salariés à 57% dans les entreprises de 1.000 salariés et plus. Et c’est dans l’industrie, où les grandes entreprises sont les plus présentes, que la part des cadres augmentés en 2011 est la plus forte (59%). Dans ce secteur, l’automobile, aéronautique et autres matériels de transport arrive en tête (68% de cadres augmentés), suivi de près par l’industrie pharmaceutique (64%) et le secteur chimie, caoutchouc, plastique (59%). Dans les services, 45% des cadres mentionnent une progression de leur rémunération en 2011, avec en première place, les télécommunications (60%).
En 2011, pour être certain de booster sa rémunération, mieux valait miser sur la mobilité interne. En effet, les cadres ayant connu un changement de poste (8% en 2011) étaient plus nombreux en proportion à avoir bénéficié d’une augmentation de leur rémunération que ceux n’ayant pas bougé: 65% contre 50%. Aussi, dans le cas d’une mobilité volontaire, les augmentations de la rémunération étaient plus fréquentes que lorsqu’elle était subie (respectivement 74% et 51%). Le changement direct d’entreprise était, lui aussi, majoritairement favorable aux cadres: 63% ont vu leur rémunération augmenter en 2011 à cette occasion, contre 60% l’année précédente. En revanche, parmi les cadres qui ont connu une période de chômage entre les deux postes, seul un tiers déclare que leur rémunération a augmenté.