En zones rurales, où le chômage des jeunes peut dépasser les 20%, l'accès aux transports est un frein majeur à l'emploi. Un obstacle que les futurs contrats emplois d'avenir, débattus ce mardi, pourraient contribuer à surmonter, selon des professionnels.
En zones rurales, où le chômage des jeunes peut dépasser les 20%, l'accès aux transports est un frein majeur à l'emploi. Un obstacle que les futurs contrats emplois d'avenir, débattus ce mardi, pourraient contribuer à surmonter, selon des professionnels. - Joël Saget afp.com

avec AFP

En zones rurales, où le chômage des jeunes peut dépasser les 20%, l'accès aux transports est un frein majeur à l'emploi. Un obstacle que les futurs contrats emplois d'avenir, débattus ce mardi, pourraient contribuer à surmonter, selon des professionnels. «Avec un bassin de 100.000 emplois répartis sur 14 cantons, un jeune qui n'a pas de scooter ou de voiture est clairement en difficulté pour trouver un travail», souligne Guillaume Siméon, coordinateur de la Maison de l'emploi de Centre-Bretagne, située à Loudéac (Côtes d'Armor).

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Flambant neuf, ce pôle rassemblant tous les dispositifs d'accès à l'emploi se trouve lui-même «à 40 kilomètres de certaines communes de la zone», reconnaît-il. Or, «faute de densité de population suffisante, il n'y a que très peu de transports en commun. Et sans travail, il est souvent difficile pour les jeunes de se payer un moyen de locomotion», relève le responsable. Essentiellement tourné vers les secteurs agricole et agroalimentaire, ce bassin très rural est plutôt un bon élève en termes d'emploi, avec un taux de chômage de 6,8%. Mais ce taux approche 20% pour les moins de 26 ans.

Alors que débute mardi le débat parlementaire sur les futurs contrats d'avenir, dédiés en partie aux zones rurales, les professionnels interrogés à travers la France sont partagés quant à leur impact sur cette problématique.

«Le problème dans nos départements, ce sont les distances et les moyens de transport», constate lui aussi Francis Testa, président de la Fédération départementale des foyers ruraux des Alpes-de-Haute-Provence. «C'est compliqué pour les jeunes de trouver du travail s'ils n'ont pas le permis, ou s'ils l'ont mais n'ont pas les moyens d'avoir de voiture. Les emplois d'avenir ne résoudront pas les problèmes du transport et de l'isolement», juge-t-il.

Des emplois stabilisés

Toutefois, pour Guillaume Siméon, «l'intérêt des emplois d'avenir est qu'ils vont offrir des emplois stabilisés, ce qui n'est pas courant dans des bassins où les contrats d'un an sont très rares. A partir de là, on va pouvoir construire des réponses pérennes.»

En Centre-Bretagne, la Mission locale a ainsi créé une auto-école solidaire qui permet à des publics sélectionnés de passer leur permis de conduire pour environ 300 euros. L'organisme loue également, pour une somme symbolique, une douzaine de scooters pour jeunes travailleurs ou en recherche d'emploi. Dans l'Aude, autre département très touché par le chômage des jeunes, les collectivités offrent «la gratuité des lignes de bus sur le département et des tarifs réduits en train sur les lignes régionales», selon Jean-Pierre Munich, directeur de la Mission locale de Limoux.

Avec les emplois d'avenir, «les jeunes auront la possibilité de se projeter et éventuellement d'investir» dans un moyen de locomotion, estime Laurence Lanoë, responsable de la Mission locale de Loudéac. Ces contrats permettront également de faciliter l'accès au logement des jeunes, qui peinent souvent à trouver un bailleur avec des CDD courts, relève-t-elle.

Décrochage scolaire

En ciblant les jeunes pas ou très peu qualifiés, les futurs contrats mettent aussi au jour une réalité souvent méconnue: le nombre de «décrocheurs» scolaires à la campagne, relèvent les professionnels. «En zone rurale, 73% des 1.700 à 2.000 jeunes que nous suivons chaque année ne dépassent pas le niveau BEP/CAP», souligne Christine Thibaut-Parron, directrice de la Mission locale de la Haute-Vienne.

«Les contrats d'avenir, c'est bien, mais ils auront une durée limitée. Il faudra que les bénéficiaires anticipent très vite la fin du contrat», estime Guillaume Siméon.