Mission Sartorius sur PSA: Un rapport pour rien?

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Publié le 10 septembre 2012.

AUTOMOBILE - L'expert mandaté par Bercy présente mardi ses conclusions sur la situation de PSA...

 Une première étape, tout au plus. Lundi soir, les syndicats de PSA relativisaient  l’importance de ce nouveau rendez-vous. Mardi à 10h, Emmanuel Sartorius, l’expert chargé en juin dernier par Arnaud Montebourg «de dégager un diagnostic précis, rigoureux et partagé sur la situation réelle du groupe PSA» doit leur présenter à Bercy ses conclusions.

«L’heure de vérité» attendue en novembre

«On attend du rapport qu’il valide ou non l’idée que l’on se fait de la situation du groupe, c'est-à-dire si elle est réellement difficile ou pas», résume Jean-Yves Sabot, secrétaire fédéral en charge de l’automobile chez Force Ouvrière. «Si c’est le cas, ce sera une première confirmation et il faudra que les partenaires sociaux agissent en responsabilité. Mais on ne nous fera pas pour autant avaler n’importe quoi», poursuit-il.

Pour lui, comme pour les autres, l’heure de vérité aura lieu fin novembre lors de la remise du rapport du cabinet Secafi mandaté par le Comité central d’établissement (CCE). «Les résultats du rapport Sartorius sont certes importants, mais c’est celui des experts de Secafi que nous attendons. D’abord, parce que c’est leur métier et ensuite parce que M. Sartorius n’a eu accès qu’aux informations que la direction a bien voulu lui donner», explique Franck Don, délégué central CFTC.

Une redistribution des cartes des négociations

Le rapport Sartorius ne serait-il alors qu’un «coup médiatique» du ministre Montebourg? Dans un communiqué publié lundi soir, le Syndicat Indépendant de l’Automobile «tirait la sonnette d’alarme» et dénonçait  pour sa part l’absence de la direction mardi matin à Bercy pour écouter les conclusions de l’expert gouvernemental. «Le SIA dénonce avec force ce qui pourrait être un jeu de dupe et nuire à l’efficacité du dialogue social. L’action du gouvernement ne doit en aucun cas permettre à la direction de fuir ses responsabilités», expliquait l’organisation.

«A ce stade des négociations, ses conclusions pèseront sans aucun doute dans les débats syndicaux en interne mais aussi au niveau politique», tempère pour sa part Jean-Yves Sabot de FO.

A ce titre, les préconisations d’Emmanuel Sartorius pour l’usine d’Aulnay seront tout particulièrement scrutées. L’avenir du site francilien après l’arrêt annoncé de la production en 2014 divise en effet les syndicats entre tenants d’une reconversion et partisans d’un maintien des activités. Un premier verdict qui tombera à pic à la veille de la présentation mercredi par la direction de PSA de ses projets pour «réindustrialiser Aulnay», avec «1.500 emplois» à la clé.

Claire Planchard
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