Eurolines affûte ses armes face à la concurrence d'iDBus

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Publié le 12 septembre 2012.

TRANSPORT - Le leader du transport par autocar en Europe a présenté mardi sa stratégie, trois mois après le lancement de l'offre concurrente de la SNCF...

C%u2019est une anecdote qui en dit long sur la nouvelle bataille commerciale à l%u2019%u0153uvre sur le marché du transport en autocar en France. Tapez «Eurolines» dans Google, c%u2019est «iDBus» qui arrive en tête des liens publicitaires! «La SNCF a acheté le mot-clé», raconte mi goguenard, mi dépité Antoine Michon, le directeur général d%u2019Eurolines. «Une pratique totalement légale», mais qui illustre l%u2019état d%u2019esprit offensif du nouvel entrant.

«La SNCF a annoncé que son nouveau service de car mettrait plusieurs années à être profitable donc ils peuvent acheter des mots-clés et investir dans ses terminaux», explique-t-il. «Mais pour nous qui sommes low cost, parce que nous gérons à bas coûts pour avoir une offre à bas prix, acheter le mot-clé "SNCF" serait bien trop coûteux!»

«Un nouvel opérateur aux moyens considérables»

Sur le terrain, Eurolines annonce avoir constaté des baisses de fréquentation déjà sensibles sur certaines liaisons européennes, depuis le lancement des premières offres iDBus, notamment vers Londres et Amsterdam. Mais le chiffre d%u2019affaires, lui, reste stable. «Entre le cabotage [liaisons interrégionales, lancées depuis un an] et les lignes internationales, cela montre que nous avons les moyens de résister», explique le directeur général.

Plus que la concurrence elle-même, c%u2019est la nature de son nouveau concurrent qui inquiète Eurolines. «Nous avons toujours connu la concurrence, notamment avec de grands réseaux en Espagne, en Pologne, en Grande-Bretagne. C%u2019est pour nous un contexte normal qui nous a permis de rester compétitifs. Mais la nouveauté, c%u2019est la venue d%u2019un nouvel opérateur aux moyens considérables en termes financiers, de capacité marketing, d%u2019accès aux gares mais aussi de contacts avec les autorités», souligne Antoine Michon.

Pour le patron d%u2019Eurolines, pas question de faire de procès d%u2019intention mais rester «vigilant sur le respect des règles de la concurrence». «C%u2019est vital». En ligne de mire notamment: les conditions d%u2019octroi des autorisations pour l%u2019ouverture de nouvelles lignes transrégionales, autorisées depuis 2010. Légalement, celles-ci ne doivent en effet pas venir «bouleverser l%u2019équilibre économique d%u2019un contrat de service public». En clair ne pas concurrencer des lignes subventionnées par les régions, comme les TER . Qu%u2019en sera-t-il quand Eurolines sera en concurrence avec iDBus? «Nous espérons qu%u2019il va y avoir une égalité de traitement mais pour le reste nous ne savons pas comment ça va être traité», concède Antoine Michon.

Prix toujours bas et offre étoffée

Face à cette incertitude, le groupe compte donc continuer à occuper le terrain en jouant sur ses points forts, à commencer par sa notoriété d%u2019opérateur historique et ses prix bas même en dernière minute. «On reste globalement moins cher que iDBus, sauf face à des prix d%u2019appel à 5 euros qui ne sont pas économiquement viables», assure Nicolas Boutaud, directeur commercial et Marketing d%u2019Eurolines».

Un petit test réalisé lundi sur un Paris-Londres le week-end du 28 septembre est sans appel: 130 euros chez iDBus contre 86 euros pour Eurolines. En revanche pour un Paris-Lille, c%u2019est l%u2019offre qui pèche chez Eurolines: pas de départ après 14h15 le vendredi et pas de retour avant 19h15 le lundi, quand iDBus offre un aller-retour à 60 euros.

Pour garder sa position de leader, Eurolines compte donc aussi étoffer son offre en renforçant les fréquences et les liaisons interrégionales. Autres mesures prévues: une campagne de communication pour augmenter sa notoriété sur les liaisons nationales et une standardisation de la qualité de l%u2019offre, notamment via le développement du wifi gratuit sur toutes ses lignes (comme la iDBus!) ainsi que la réfection de sa gare routière de Bagnolet) en région parisienne d%u2019ici janvier 2013.

Claire Planchard
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