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Dix ans de palmes d'or

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1999: Rosetta de Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) Ce film, portrait d’une jeune fille pauvre en quête désespérée d’un boulot et qui soigne ses nœuds d’estomac en passant un sèche-cheveux sur son ventre, a détonné par rapport à l’ambiance paillettes et tapis rouge du Festival. «Nous pensions que le prix d’interprétation pour Emilie Dequenne était le seul possible et nous étions déjà très contents», ont déclaré les frères Dardenne, abasourdis de remporter le prix suprême. En Belgique, leur film a eu un réel impact: après sa sortie a été lancé le «plan Rosetta», un accord entre gouvernement et entreprises pour favoriser l’insertion des jeunes.
Qui se souvient des dix dernières palmes d’or données à Cannes? Retour en arrière pour se rafraîchir la mémoire. 1998: L'Eternité et un jour de Théo Angelopoulos (Grèce) Il l’attendait, cette palme. Après se l’être vue passer sous le nez en 1995 – par Underground d’Emir Kusturica, le réalisateur grec l’a finalement emportée trois ans après. Avec l’histoire d’Alexandre, un écrivain à qui son médecin apprend qu’il n’a plus qu’un jour à vivre. Il rencontre alors dans la rue un enfant de 10 ans, un immigré albanais avec qui il va passer ses dernières 24 heures. DR

Qui se souvient des dix dernières palmes d’or données à Cannes? Retour en arrière pour se rafraîchir la mémoire. 1998: L'Eternité et un jour de Théo Angelopoulos (Grèce) Il l’attendait, cette palme. Après se l’être vue passer sous le nez en 1995 – par Underground d’Emir Kusturica, le réalisateur grec l’a finalement emportée trois ans après. Avec l’histoire d’Alexandre, un écrivain à qui son médecin apprend qu’il n’a plus qu’un jour à vivre. Il rencontre alors dans la rue un enfant de 10 ans, un immigré albanais avec qui il va passer ses dernières 24 heures.

Publié le 14 Mai 2008
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  • Qui se souvient des dix dernières palmes d’or données à Cannes? Retour en arrière pour se rafraîchir la mémoire. 1998: L'Eternité et un jour de Théo Angelopoulos (Grèce) Il l’attendait, cette palme. Après se l’être vue passer sous le nez en 1995 – par Underground d’Emir Kusturica, le réalisateur grec l’a finalement emportée trois ans après. Avec l’histoire d’Alexandre, un écrivain à qui son médecin apprend qu’il n’a plus qu’un jour à vivre. Il rencontre alors dans la rue un enfant de 10 ans, un immigré albanais avec qui il va passer ses dernières 24 heures.
  • 1999: Rosetta de Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) Ce film, portrait d’une jeune fille pauvre en quête désespérée d’un boulot et qui soigne ses nœuds d’estomac en passant un sèche-cheveux sur son ventre, a détonné par rapport à l’ambiance paillettes et tapis rouge du Festival. «Nous pensions que le prix d’interprétation pour Emilie Dequenne était le seul possible et nous étions déjà très contents», ont déclaré les frères Dardenne, abasourdis de remporter le prix suprême. En Belgique, leur film a eu un réel impact: après sa sortie a été lancé le «plan Rosetta», un accord entre gouvernement et entreprises pour favoriser l’insertion des jeunes.
  • 2000: Dancer in the dark de Lars Von Trier (Danemark) Rencontre au sommet entre Catherine Deneuve et Björk, sous la houlette de Lars Von Trier. La chanteuse islandaise joue Selma, une ouvrière tchèque fondue de comédies musicales, rendue aveugle et jugée pour un vol qu’elle n’a pas commis. Ambiance tragique pour ce film musical, pour lequel le réalisateur a mis sous pression ses actrices. Le but: rendre la tension palpable à l’écran. L’impression de malaise étant encore accentué par les images captées caméra à l’épaule et par la BO, poignante.
  • 2001: La chambre du fils de Nanni Moretti (Italie) Plongée dans le deuil d’une famille amputée par la mort du fils, disparu dans un accident de plongée. Un film d’autant plus choc que Nanni Moretti avait jusque là habitué le public à des films plutôt ironiques sur des sujets plus légers. Le réalisateur italien joue lui-même le rôle du père, un psychanalyste qui oscille entre douleur insondable et désir de sauver la face.
  • 2002: Le pianiste de Roman Polanski (Pologne) Voilà longtemps que Roman Polanski souhaitait réaliser un film sur l’holocauste. Steven Spielberg lui avait même proposé La Liste de Schindler mais Roman Polanski tenait à ce que soit son propre projet. Ce sera donc Le Pianiste, l’histoire d’un musicien juif polonais qui réussit à survivre à la guerre grâce à son art. Emotion maximale et cascade de récompenses: 7 Césars, 3 Oscars et une palme d’or.
  • 2003: Elephant de Gus Van Sant (Etats-Unis) Tout au long de ce film inspiré de la tuerie de Colombine, en 1999, la caméra de Gus Van Sant suit à distance des ados à la mèche rebelle qui mattent plus qu’ils ne parlent. Sa force: faire revivre plusieurs fois le même instant mais sous un angle différent. Le titre, Elephant, vient d’un autre film de 1989, qui évoque les violences en Irlande entre catholiques et protestants. Selon Gus Van Sant, «ces jeunes vivent à une époque différente, mais toute aussi violente».
  • 2004: Fahrenheit 9/11 de Michael Moore (Etats-Unis) Fait rare, c’est un documentaire qui a remporté la palme 2004. Une analyse partiale des évènements qui ont suivi le 11 septembre aux Etats-Unis. Michael Moore l’assume: il veut faire de son film un geste politique, pour empêcher la réélection de Georges W. Bush en 2004. Raté, le président américain a été réélu avec 51% des voix.
  • 2005: L'enfant de Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) Pour les frères Dardenne, désormais habitués du festival, c’est la deuxième palme d’or en moins de six ans. Trop, c’est trop? Certains reprochent à «L’enfant», l’histoire d’un couple presque plus juvénile que le bébé auquel ils ont donné vie, de s’appuyer sur les mêmes ressorts que leurs autres films sur l’enfance brisée comme «Rosetta» ou «Le fils».
  • 2006: Le vent se lève de Ken Loach (Grande-Bretagne) «Dire la vérité sur le passé permettra peut-être de l'entendre à l'avenir.» Souvent bredouille à Cannes, Ken Loach a enfin eu la Palme d'or pour «Le vent se lève», son film sur l'occupation anglaise en Irlande dans les années vingt. Le réalisateur britannique aime flirter avec les sujets sociaux, surtout ceux qui dérangent l’Angleterre thatchérienne. Face à ce film qui montre la position anglaise sous un mauvais jour, des conservateurs anglais ont accusé Loach de faire de la propagande pour l’IRA, d’être un ennemi de la patrie, allant jusqu’à comparer son film à «Mein Kampf».
  • 2007: 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu (Roumanie) L’histoire d’un avortement clandestin dans la Roumanie communiste. Sujet sombre, huis clos étouffant, réalisation incisive: le film a reçu la palme d’or 2007, mais aussi le prix de l’éducation nationale. Un prix qui lui permet d’être montré dans les collèges et lycées français. Mais le 6 juillet 2007, le ministre de l'Education Nationale refuse de financer la diffusion de ce DVD, trouvant le sujet trop «dur». Trois semaines plus tard, le film de Mungiu est classé «tous publics»: le débat est clos.
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