L'annonce mercredi par le ministre du Travail Brice Hortefeux qu'une "mission" suivie d'une concertation allait traiter de l'égalité salariale, promise maintes fois pour 2010, fait craindre à beaucoup que la loi sur les sanctions financières aux entreprises récalcitrantes ne voit pas le jour.
L'annonce mercredi par le ministre du Travail Brice Hortefeux qu'une "mission" suivie d'une concertation allait traiter de l'égalité salariale, promise maintes fois pour 2010, fait craindre à beaucoup que la loi sur les sanctions financières aux entreprises récalcitrantes ne voit pas le jour. - Joel Saget AFP/Archives

Brice Hortefeux va-t-il se risquer à tenter une augmentation de l'âge de la retraite? Le ministre du Travail remet en tout cas le débat sur le tapis. «Comme on sait que si on ne fait rien on va dans le mur, il n'y pas aujourd'hui à ma connaissance 36 solutions, il y en a trois: diminuer les pensions - est ce que vous sentez aujourd'hui dans le pays les gens prêts à cela? - augmenter la durée de cotisation, reporter l'âge de départ à la retraite comme l'ont fait les Allemands sur une trentaine d'années jusqu'à 67 ans», a-t-il expliqué lors de l'émission «Dimanche soir politique» diffusée sur France Inter et I-Télé. «Ce sont les trois pistes généralement présentées et il faut naturellement exprimer des choix, et c'est possible qu'il y ait d'autres pistes en dehors de cela. Les partenaires sociaux ont aussi leur rôle à jouer», a-t-il ajouté. Ces «pistes» seront sur la table lors du prochain débat sur les retraites l'an prochain.

Par ailleurs, le Premier ministre François Fillon a estimé lundi que repousser l'âge légal de la retraite «n'est pas une question taboue», estimant que le sujet «mérite un débat national», en marge d'une visite au salon aéronautique du Bourget.

«On n'échappe pas à la démographie»

 
Nous vous avons demandé ce que vous en pensiez et vous avez répondu en masse. Fred3 lance par exemple ceci: «On n'échappe pas à la démographie et à l'augmentation de la compétitivité des pays émergents. Effectivement certains partis politiques en France ont voulu faire croire que c'était possible de partir à 60 ans pour tout le monde mais voilà ce que c'est de vivre dans le monde des bisounours.» Et Jdeclef d'ajouter: «Ce serait scandaleux de baisser les pensions qui ne sont déjà pas grosses pour une partie non négligeable de retraités et surtout quelles s'érodent avec le temps, malgré la promesse du Président de l'indexation sur le coût inflationniste de la vie. Il aurait aussi fallu garder l'âge de la retraite vraiment à 60 ans et ne pas mettre en retraite par divers moyens avant 60 ans.»
 
Jdeclef, encore lui, témoigne par ailleurs ainsi: «J'ai travaillé pendant 44 ans, je serais bien allé plus loin, j'étais un spécialiste de pointe dans mon métier, mais mon employeur ne me l'a pas proposé, je lui coûtais trop cher et plus il s'est retranché derrière l'âge légal à 60 ans à l'époque, mon coéquipier plus jeune de 20 ans a pris ma place.» Et Cobralito d'ajouter, «encore faudrait-il qu'on cesse de mettre sur la touche les vieux de 40 ans...»
 
De son côté, Sulkie s'adresse ainsi au ministre: «Cela fait des années que les gouvernements successifs parlent de repousser l'âge de départ en retraite, sans forcément avoir l'avale de la population. Un départ à 55 ans pour les personnes qui ont assez cotisé permettrait d'embaucher les jeunes. Cette proposition est un moyen pour payer le moins longtemps possible la retraite de nos parents et la nôtre afin de remettre légèrement à flots la fameuse Sécurité sociale. Franchement, pour un pays qui essaie de faire croire en sa solidarité envers les personnes âgées, je ne félicite pas M. Hortefeux.»
 
«On échappera pas à cette question et une fois de plus, plus malin que les autres, on trouvera une solution bancale qui ne satisfera personne», pense quant à lui Braximal. Et Majollan de conclure que «ce gouvernement veut une société à l'américaine».

 
«Vous aurez en février 2010 un rapport du Conseil d'orientation des retraites qui donnera un certain nombre d'indications, d'orientations, de suggestions», a précisé Brice Hortefeux. «Il faut attendre ce rapport mais le débat est permanent sur la question des retraites», a conclu le ministre.

Et vous, qu’en pensez-vous? Seriez-vous prêts à travailler jusqu’à 67 ans? Continuez à nous le dire ci-dessous en commentaire...

 

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