Lorie Pester: «J'adorerais tourner dans un film d'Albert Dupontel»

INTERVIEW La chanteuse, qui poursuit également une carrière de comédienne, revient ce vendredi avec un nouvel album, « Les choses de la vie »… 

Propos recueillis par Fabien Randanne

— 

La chanteuse et comédienne Lorie Pester.

La chanteuse et comédienne Lorie Pester. — Malte Braun

  • Lorie Pester sort ce vendredi « Les choses de la vie », son nouvel album studio.
  • Pour « 20 Minutes », elle évoque cette nouvelle étape, plus mature, de sa carrière.
  • La jeune artiste de 35 ans, qui tient un rôle récurrent dans « Demain nous appartient », la série de TF1, a aussi parlé de ses rêves de cinéma.

Cela faisait un lustre (donc cinq ans) qu’elle n’avait pas sorti d’album studio. Lorie Pester revient ce vendredi avec Les choses de la vie, un opus loin des machines dance qui l’ont fait connaître il y a de ça une quinzaine d’années. A 35 ans, elle privilégie les ballades et les morceaux acoustiques pour se raconter. La chanteuse a parlé à 20 Minutes de son retour à la musique, mais aussi de sa carrière de comédienne

Cinq ans sans nouvel album. Cela vous manquait ?

Sincèrement, j’aime travailler les chansons, les créations, mais ce qui me manque, c’est la scène. On fera peut-être une tournée l’année prochaine…

Celle qui était prévue en 2013 avait dû être annulée…

C’était un moment difficile. L’annulation a été, comment dire (elle marque une pause)… le résultat d’un malentendu. Je vous passe les détails, mais ce qui m’a fait le plus souffrir est d’avoir été déçue par certaines personnes.

Sur scène, vous vous verriez chanter à nouveau « Ta meilleure amie » ou « Weekend » ?

Bien sûr que je les chanterais ! C’est de là que ma belle relation avec le public a commencé. Les gens qui viendront me voir attendront que je les chante et c’est normal, ce sont elles qui m’ont permis de me faire connaître. Certes, j’ai évolué, mais j’aimerais les faire redécouvrir, dans de nouvelles versions, avec d’autres arrangements.

A l’époque de la sortie de ces tubes, certains disaient que vous étiez « la Britney Spears française », ça vous agaçait ?

Non, à l’époque, c’était flatteur, elle vendait des millions de disques. Elle était une référence avec ses clips magnifiques, ses shows extraordinaires. Après, on sait qu’en France on a tendance à parler d’un artiste en le comparant avec d’autres…

Mais contrairement à Britney Spears, vous n’avez pas « pété les plombs »…

J’ai eu des moments compliqués. Mais j’ai la chance d’être bien entourée, au niveau familial, amical, professionnel. Et cela compte beaucoup parce que dans ce métier, on peut vite partir en vrille.

Pour la première fois, votre patronyme, Pester, apparaît sur la pochette. Une manière de dire que vous n’êtes plus la « petite » Lorie ?

(Elle rit) Je suis la grande Lorie, maintenant ! C’est une continuité naturelle : mon nom apparaît déjà sur les génériques des fictions que je tourne, cela me semble normal de l’utiliser désormais.

L’image qui illustre la pochette est très sobre. C’est ce qu’il fallait pour « l’album de la maturité » ?

« L’album de la maturité », on me l’a déjà dit sur d’autres disques et on me le dira encore. Là, je voulais un album authentique, sincère, naturel, qui parle de différents moments de ma vie, des moments joyeux, d’espoir, d’autres plus difficiles, de doute. C’est mon album le moins positive attitude, un constat que la vie n’est pas facile.

Le titre de l’album, « Les choses de la vie », est une allusion au film de Claude Sautet. Pourquoi l’avoir choisi ?

C’est un film [sorti en 1970] qui compte pour moi, avec un réalisateur et une actrice, Romy Schneider, que j’adore. Mon album évoque des moments de ma vie et puis, comme ça fait un peu la comédienne qui revient à la chanson, j’ai opté pour ce titre.

C’est une référence surprenante pour une trentenaire…

Ce n’est pas parce que j’ai 35 ans que je ne regarde pas de vieux films.

Oui, mais auprès des cinéphiles de cette génération, Claude Sautet n’est pas le réalisateur le plus cité…

C’est vrai, mais ce que j’aime chez Sautet, c’est la manière dont il filme des moments de vie, d’émotion, de doute. Et puis, je tourne Demain nous appartient [la série de TF1 dans laquelle elle a un rôle récurrent] à Sète, là où a été tourné César et Rosalie, j’y vois un autre clin d’œil.

Cette série quotidienne, c’est une bonne école ?

Oh oui ! Parce que c’est un rythme très intense. Aucun comédien n’a connu ça. On se réveille vers 5 ou 6 h et on doit tourner huit ou neuf séquences par jour, avec une vingtaine de pages à réciter. Il n’y a pas de temps à perdre.

Vous vous sentez plus à l’aise dans le chant ou dans la comédie ?

Je ne me sens pas mieux dans l’un ou dans l’autre. Les deux sont complémentaires. Aujourd’hui, quand je chante, contrairement à ce que je faisais avant, je vais être davantage dans l’interprétation que dans la technique, comme si j’étais devant une caméra.

Y a-t-il un réalisateur ou une réalisatrice avec qui vous rêvez de travailler ?

J’adorerais tourner avec Albert Dupontel, il a un univers bien à lui. J’ai beaucoup aimé Au revoir là-haut [son adaptation du roman de Pierre Lemaitre, sortie en octobre]. J’étais à la fois captivée par l’histoire et concentrée sur l’aspect technique. Je regardais ses plans en me demandant, par exemple, s’ils avaient été tournés avec une Steadycam ou un drone. Certains plans sont superbes !

En 2015, vous étiez à l’affiche, aux côtés de Smaïn et Mike Tyson, du film d’action « Les Portes du soleil – Algérie pour toujours ». C’est étonnant…

Me retrouver en tueuse à gages à moitié psychopathe, effectivement, c’était inattendu (rires). c’est ça que j’aime : aller là où on ne m’attend pas, relever des défis. Pour ce film, j’ai suivi un entraînement intensif en arts martiaux, ça m’a transformé physiquement. Une vraie expérience !