• Marina Kaye a remporté « La France a un incroyable talent » sur M6, à l’âge de 13 ans.
  • Son premier album, « Fearless », sorti en 2015, a été sacré double disque de platine.
  • Le 20 octobre est sorti « Explicit », son second opus.

L’adolescente est devenue une jeune femme. Révélée à 13 ans, en 2011, dans l’émission La France a un incroyable talent, qu’elle a remporté, Marina Kaye a vendu à la pelle son premier album, Fearless, sorti en 2015 et sacré double disque de platine. La chanteuse de 19 ans revient sur le devant de la scène avec son deuxième opus, Explicit, lancé le 20 octobre (chez Capitol). Si sa puissance vocale reste la même, elle a glissé dans ce nouvel album des sonorités urbaines et une pincée de textes en français. Au fil des paroles, elle se dévoile. Il suffit de bien écouter, comme elle l’a expliqué à 20 Minutes

Fearless ayant été un succès, vous aviez la pression en préparant ce deuxième album ?

Peut-être que j’aurais dû l’avoir, mais je ne l’ai pas ressenti comme ça. La seule pression que je me suis mise, c’était d’arriver au maximum à faire ce que je voulais faire, et de le faire dans les temps parce que c’est toujours très difficile de tenir les délais. Une fois que l’album a été envoyé au mastering, je me suis dit : « Voilà, c’est fini. Ce n’est plus à moi, ça va sortir et les gens en feront ce qu’ils veulent, cela ne sert à rien de se prendre la tête. »

Sur cet album, vous chantez plusieurs titres en français. C’est une manière de répondre à ceux qui vous reprochaient d’interpréter uniquement des chansons en anglais ?

Je voulais donner ça aux gens qui voulaient m’entendre sur un registre français, mais je ne l’ai pas fait pour ceux qui m’ont fracassée parce que je chantais en anglais. J’ai commencé à écrire en français parce que je voulais voir si j’étais capable de le faire. Au pire, si ça ne marchait pas, je pouvais tout jeter à la poubelle et personne ne l’aurait su. Mais j’ai trouvé que les chansons étaient bien, j’ai voulu prendre ce petit risque de les proposer aux gens.

Dans le dossier de presse, vous dites que l’album s’intitule Explicit car « les textes disent tout ». Donc si on se penche sur les paroles, on comprendra qui vous êtes ?

Clairement. Le premier album aurait aussi pu s’appeler comme ça car, au final, les deux sont très ouverts sur ma vie au niveau des textes et il n’y a pas vraiment besoin de lire entre les lignes. Si on regarde les choses en face, on comprend explicitement ce que je dis dans les deux albums, mais je n’y ai pensé que sur le deuxième, c’est pour ça qu’il s’appelle comme ça.

Vous êtes donc une jeune femme qui s’est débarrassée de ses relations toxiques, qui ont pris le dessus sur les sombres moments qu’elle a vécus, et qui est désormais solide, prête à batailler ?

On peut le voir comme ça, d’une certaine façon. Je me suis débarrassée de beaucoup de choses, de relations toxiques, dans ma vie ces derniers temps. En revanche, le terme « batailler », c’est drôle, car c’est quelque chose que je faisais plutôt avant. Aujourd’hui, ma façon de me battre, c’est simplement d’avoir du recul, d’être plus mature et de me dire que je ne peux pas tout gérer dans ma vie, ni contrôler tout le temps mes faits et gestes. Le fait de savoir ça et de m’être remise en question sur beaucoup de choses, notamment cette dernière année, je pense que c’est ma façon à moi d’affronter la vie désormais.

Fin octobre, vous disiez à RTL que vous étiez « partie en vrille ». Vous avez mal vécu le succès de votre premier album et ce qui a suivi ?

Je vais être honnête, je pense que je me suis très mal exprimée sur ce coup-là et c’est pour cela que ça a pris de telles proportions et qu’on m’a inventé des histoires d’alcoolisme alors qu’il n’y a jamais eu rien de tel. La vérité c’est que, après avoir travaillé sur ce premier album et avoir fait beaucoup de dates de tournée et de promotion, je suis rentrée chez moi et je me suis dit que j’allais avoir un petit peu de temps pour moi avant de m’attaquer au deuxième album. Donc j’avais envie de sortir, de faire des rencontres, de m’amuser un peu et c’est ce que j’ai fait. Voilà, je sortais énormément, comme tous les jeunes. Evidemment, je ne buvais pas de l’eau en boîte de nuit, mais je n’ai jamais eu de problèmes particuliers, je vais très bien dans ma tête. Je suis quelqu’un de très excessif dans tout, et de très cyclique, donc peut-être qu’à la période où j’ai donné cette interview à RTL, je me disais que ce que j’ai fait l’année dernière c’était pas bien alors que c’était totalement nécessaire dans mon processus pour pouvoir évacuer tout le travail que j’avais fourni.

Vous êtes une jeune fille comme les autres ou au contraire votre carrière artistique vous prive-t-elle d’une certaine insouciance ?

Je ne pense pas du tout être une jeune fille comme les autres, dans le sens où je travaille depuis mes 16 ans, depuis que j’ai signé dans un label et que je fais professionnellement de la musique. Il faut être plus mature et arriver à prouver aux gens en face qui ont dix, vingt ou trente ans de plus que nous qu’on est capables de tenir le projet sur nos épaules et qu’on peut gérer des problèmes d’adultes. A force, on finit par devenir un adulte avant l’heure et c’est ce qui m’est arrivé.

L’an prochain, vous repartez en tournée. A quoi peuvent s’attendre celles et ceux qui viendront vous applaudir ?

J’ai envie de pouvoir exposer plusieurs univers différents, je suis une artiste pop, je fais un certain style de musique, mais la scène est un endroit où on a toutes les libertés. Je veux proposer aux gens des sections très acoustiques, des sections très pop, d’autres un petit peu électro ou hyper rock. J’aime tous ces styles de musique, ils font partie de ma génération et je souhaite les intégrer aux live.

Quelle place pensez-vous avoir dans le paysage musical français ?

Sincèrement, je ne sais pas. J’ai sorti un premier album avec un gros single [Homeless] qui l’a bien porté. Maintenant, je ne me fixe pas l’objectif d’être « la chouchoute » ou « la chanteuse ». Mon objectif est de continuer d’avoir de l’inspiration, de m’amuser sur scène et de construire avec le public une relation fidèle dans les deux sens.

Si on vous proposait de rejoindre la troupe des Enfoirés, par exemple, vous diriez oui ?

Les Enfoirés, c’est sincèrement quelque chose que je trouve louable et honorable. Je respecte leur implication et ils récoltent beaucoup de fonds pour aider les personnes dans le besoin. Soutenir des associations me ferait énormément plaisir, allez à la soupe populaire et donner à manger aux gens, ou ce genre de choses, mais je ne me vois pas dans le tableau d’une association « artistiquement ».

Sur Twitter, vous avez écrit que vous n’étiez pas aux derniers NRJ Music Awards car vous n’étiez pas « une artiste TF1 » et « pour d’autres raisons » que vous ne pouviez pas expliquer car vous ne disposiez « que de 140 caractères ». Maintenant qu’un tweet peut contenir 280 caractères, vous n’avez pas envie d’en dire plus ?

Non ! (rires) C’était très ironique, évidemment. Si j’avais voulu donner les autres raisons, j’aurais fait quinze ou vingt tweets. Mais je pense que ça n’aurait servi à rien. Voilà, je suis comme ça, je dis ce que je pense. Mais bon, après, je passe à autre chose.

Vous avez l’impression d’être snobée ?

Non, je pense que je ne fais pas partie d’un moule. Je suis un électron hors d’un moule déjà existant.

Votre franc-parler vous dessert-il ?

Je pense qu’être quelqu’un de sincère et de spontané dans le monde actuel sert autant que ça dessert. Je suis quelqu’un qui ne triche pas donc, ce que les gens voient de moi, c’est ce que je suis. En revanche, évidemment, ça peut desservir car la vérité est souvent difficile à entendre et ça fait mal. Je n’ai aucun problème à dire la vérité à mon sujet et au sujet des autres. Cela m’a servi et desservie depuis que je suis toute petite. Je me suis toujours mise dans de sales draps comme on dit parce que je n’arrive pas à tenir ma langue et ça ne sert à rien d’essayer de me cacher. Il y a tellement d’hypocrisie dans ce milieu et dans le monde en général que je n’ai pas envie d’être une menteuse.