Ed Sheeran, la super pop star (presque) super normale

MUSIQUE Le chanteur britannique cartonne avec « Divide », son dernier album et va même jouer dans « Game of thrones ». Portrait d’une méga star au look de boy next door…

Fabien Randanne

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Ed Sheeran, en janvier 2017.

Ed Sheeran, en janvier 2017. — Dimitrios Kambouris / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Impossible de passer à côté d’Ed Sheeran. Consécration ultime dans l’univers de la pop culture, il a été invité à jouer un petit rôle dans Game of Thrones. Avec ÷ (« Divide »), sorti début mars, l’artiste britannique explose tous les records. En plus d’être le chanteur dont l’album s’est écoulé le plus rapidement la semaine de sa sortie outre-Manche (672.000 ventes), les seize chansons de son nouvel opus figurent toutes dans le Top 20. Le single Shape of You, numéro 1 depuis neuf semaines, tutoie aussi les sommets en France et dans des dizaines d’autres pays. Sur Spotify, ÷ avait déjà été écouté 57 millions de fois en à peine 24 heures.

« Je n’ai jamais espéré avoir neuf chansons dans le top 10 de toute ma vie, je ne sais pas, il y a eu une erreur », a confié Ed Sheeran sur la BBC, se disant « tellement heureux ». Une modestie qui contraste avec une ambition assumée, balancée à GQ : « Je veux être le plus grand artiste masculin du monde. » On pourrait presque lui dire que, s’il ne l’est pas déjà, il n’en est peut-être pas loin.

Pop, folk, hip-hop… Il embrasse large

Moins dandy que Pharrel Williams, moins séducteur que Justin Timberlake, moins poseur que Justin Bieber, le Britannique opère pourtant la synthèse musicale de ses homologues, suggère le Slate américain en le qualifiant de « Ned Flanders de la pop ». Une référence au pieu voisin des Simpsons qui, dans un épisode, dit avoir appliqué à la lettre ce qui est écrit dans la Bible pour apaiser la colère de Dieu qu’il pense avoir provoquée. « Dans son improbable ascension vers la gloire, il n’y a aucun champ qu’Ed Sheeran n’a pas abordé, aucune Eglise musicale dans laquelle il n’ait engagé sa foi », écrit le site.

Dès son premier album, + (« Plus »), sorti en 2011, il a rencontré le succès, enchaînant les numéros 1 et les concerts dans les festivals les plus courus (Glastonbury, Reading…). En 2012, il récolte les Brit Awards – l’équivalent britannique de nos Victoires de la musique – du meilleur artiste solo et de révélation de l’année et reprend un tube des Pink Floyds, les yeux du monde entier rivés sur lui, lors de la cérémonie de clôture des JO de Londres. Il assure les premières parties de Snow Patrol et de Taylor Swift, qui devient sa super pote. Il met ensuite son talent au service des One Direction, écrit des morceaux pour les bandes originales du Hobbit : La désolation de Smaug ou Nos étoiles contraires… et trouve même le temps de faire un duo avec Nekfeu. Pop, folk, hip-hop, Ed Sheeran embrasse large et c’est peut-être pour ça qu’il réussit à étreindre des publics variés.

Des bégaiments guéris par le rap

Le gamin d’Halifax, au Nord de l’Angleterre, garde son look de boy next door. Celui qui fut élu « personnalité la plus mal habillée de 2012 » par GQ a certes fait quelques efforts vestimentaires, mais il continue d’incarner la star accessible, qui pourrait être notre frère, notre copain, notre fils. Un souhait de normalité qui se heurte à la réalité de la célébrité. Celui qui regrette de ne plus pouvoir faire une course au coin de la rue, a vécu reclus pendant quatre mois chez lui à Londres pour échapper aux paparazzis après le carton de Thinking Out Loud. Il n’a pas hésité non plus à s’éloigner des radars médiatiques pendant un an, dès la fin 2015. La rançon de la gloire.

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Il n’empêche, son succès semble l’aider à guérir ses blessures d’enfance. « Je n’ai jamais rien gagné. Quand j’étais petit… On n’oublie jamais ces sales moments », a confié Ed Sheeran au GQ britannique. L’écolier bègue a été guéri par Eminem. « Apprendre par cœur des paroles de rap m’a aidé à arrêter de bégayer », racontait-il récemment à Yann Barthès dans Quotidien. Ses victoires, il les compte désormais en millions d’exemplaires écoulés. « J’ai vendu 14 millions de copies de X (« Multiply ») et je veux en vendre 20 millions de ÷. Je sais que la musique n’est pas une question de compétition. (…) Mais j’aime mon album. C’est le meilleur que j’ai fait. Alors pourquoi ne voudrais-je pas en vendre 20 millions ? » Normal, non ?