Comment «Je danse le Mia» de IAM a créé le rap commercial en France

MUSIQUE La série documentaire «Soundbreaking», sur Arte, raconte l’histoire de la musique enregistrée. «20 Minutes» revient sur les épisodes marquants de l’ère du sampling…

Benjamin Chapon

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En 1993, IAM sort son tube Je danse le Mia

En 1993, IAM sort son tube Je danse le Mia — IAM

A l’échelle de l’histoire de l’humanité, l’ère de la musique enregistrée représente à peine un microsillon. Et pourtant, la révolution sans précédent qu’a constitué le fait de pouvoir écouter de la musique sans être en présence de musiciens n’est que rarement étudiée en tant que tel.

C’est pourtant le défi que relève l’ambitieuse série documentaireSoundbreaking dont la version européenne est produite et  diffusée par Arte dans une série documentaire de six épisodes à raison de deux par semaine, les vendredis 10, 17 et 24 février.

 

La musique classique, déjà, samplait les chansons populaires

«On a suivi de manière chronologique l’impact artistique des différentes évolutions technologiques, explique-t-il. Notre parti pris est de penser que la technologie crée le genre musical. Par exemple, l’invention du micro a créé le crooning, la possibilité de modeler sa voix, de murmurer, de chuchoter. »

Ainsi, dans le sixième et dernier épisode de la série, on découvre comment la pratique (l’art ?) du sample a bouleversé le monde de la musique, notamment le hip-hop. « Ce n’est absolument pas du vol mais un hommage, une recréation, explique Romain Pieri. Et si la technologie a facilité le processus, cela existait dans la musique classique qui samplait, en quelque sorte, des phrases musicales de chansons populaires ou folkloriques. »

Pour 20 Minutes, Romain Pieri raconte les vendredis 10, 17 et 24 février, la genèse d'un titre de légende ayant utilisé des samples.

Cette semaine : IAM sample « Give Me The Night » de George Benson

« Avec Je danse le Mia, IAM voulait recréer l’ambiance des boîtes de nuit marseillaises des années 1980 où on passait beaucoup de funk, rappelle Romain Pieri. Ils ont choisi de sampler Give Me the Night, mais pour Akhenaton, c’était très important pour lui d’avoir l’autorisation de George Benson même si, à l’époque, ce n’était pas légalement nécessaire. Malgré tout, ils l’ont eu par maison de disques interposés. Le succès considérable du morceau a propulsé IAM et avec eux, ça a été l’envol commercial du rap en France. »

« Quelques années plus tard, le groupe était à New York pour un enregistrement et dans le studio voisin, il y avait George Benson. Ils ont passé une tête, timidement, et ont bredouillé en anglais leur admiration. George Benson a tout de suite hurlé qu’il était ravi de les rencontrer, il voyait tout à fait de qui il s’agissait. Il était très heureux de pouvoir faire la fête avec eux. Il y a eu pas mal de champagne… »

« La reconnaissance du travail des jeunes rappeurs par des maîtres comme George Benson ou James Brown, l'artiste le plus samplé au monde, et qui les considéraient comme leurs enfants, a donné une légitimité au hip-hop. »

« Le sample de Benson par IAM est l’exemple même du sample de fan qui respecte l’original. Les Français font allégeance à George Benson, on reconnaît très bien l’emprunt, il n’est pas dissimulé. »

A suivre...