Snob, anti-bobo, nostalgique... Quel «hater» de la chanson française êtes-vous ?

MUSIQUE Il y a pourtant de bonnes raisons d’écouter les jeunes artistes français…

Benjamin Chapon

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L'hommage à William Sheller lors des Victoires de la Musique le 12 février 2016 réunissait Louane, Véronique Sanson et Jeanne Cherhal

L'hommage à William Sheller lors des Victoires de la Musique le 12 février 2016 réunissait Louane, Véronique Sanson et Jeanne Cherhal — NIVIERE/SIPA

Les nommés aux Victoires de la Musique 2016 viennent d’être annoncés. Entre Véronique Sanson, Jul, Benjamin Biolay, Jain et Radio Elvis, il y en a un peu pour tous les goûts… et les dégoûts. Comme à chaque article sur la chanson française, celui de 20 Minutes sur le sujet a suscité de nombreux commentaires désobligeants sur le niveau général de la musique dans notre pays.

Aux Victoires de la musique, Thomas Thouroude veut être « un bon passeur de plats dans ce resto mille étoiles »

« Du fric avec du fric pour faire du fric… bref une histoire de fric… », juge Florian. « Trop ringards, trop gnan gnan… », estime Bruno. « Les défaites de la culture… De la tune, de la mayonnaise et de la crotte à paillettes. La honte de la poésie… », tranche Flo. « A part Véronique Sanson qui a une voix et mérite l’appellation de chanteuse, les autres c’est navrant ! », se lamente Colette. On en passe, et des plus véhéments…

Snob ? Anti-bobo ? Nostalgique ?

Dénigrer telle chanteuse ou tel chanteur, ou « la chanson française » dans son ensemble, est un sport national. Il suffit, pour s’en convaincre, d’aller faire un tour sur les pages Facebook où les artistes annoncent leurs dates : des commentaires désobligeants s’invitent à intervalle régulier parmi la joie des fans.

Tout le monde semble avoir une bonne raison de détester la chanson française. Et pourtant, tout le monde ne déteste pas de la même manière. Nous vous avons concocté un petit test pour savoir quel type de hater de la chanson française vous êtes.

Après avoir fait le test, découvrez les autres profils et nos propositions d’antidote à votre désamour. Parce que tout espoir n’est pas perdu qu’un jour tout le monde aime la chanson française.

 

Voici les quatre grands profils de haters et nos propositions d’antidote.

L’anti-bobo convulsif

Vous avez en horreur tout ce qui peut apparaître, à un moment ou à un autre comme branché ou tendance. Vous détestez l’unanimité soudaine et forcément suspecte des médias pour un ou une artiste. Vous ne supportez pas les soi-disant nouveaux talents, propres sur eux, qui ne sont que des coquilles vides et sans âme au succès construit sur une efficace campagne marketing. Bien entendu vous seul semblez avoir un goût sûr et la capacité de détecter les véritables artistes.

Pour vous soigner, écoutez plutôt…

François & the Atlas Mountain. Avec leur dégaine de hipsters de la campagne, François et sa bande ont tout pour vous déplaire (Les Inrocks les adorent…) et pourtant leur talent ne pourra qu’emporter votre adhésion. Alors que va bientôt sortir leur nouvel album, vous dégusterez chaque chanson comme des bonbons à la menthe qui adouciront immanquablement votre aigreur.

Le nostalgique revanchard

Vous avez en horreur tous ces jeunes artistes qui ne connaissent rien à la vie, ses joies et ses souffrances. Vous détestez la nouveauté pour la nouveauté et les cohortes de groupies avec leurs idoles à deux ronds que l’on aura oubliées l’hiver prochain. Vous ne supportez pas ces chanteurs (ou pire, rappeurs) qui croient avoir élevé la chanson au rang d’art majeur sous prétexte qu’ils ont fait rimer « yolo » et « marginaux ». Bien entendu, vous seul connaissez l’histoire de la musique et savez que les trompettes de la renommée sont bien mal embouchées.

Pour vous soigner, écoutez plutôt…

Juliette Armanet. Elle chante l’amour et ses désillusions à l’ancienne, avec emphase, poésie et amour de la grande musique. Celle qui pourrait enfin réconcilier le monde de la chanson d’auteur et celui de la musique populaire à des références à la fois pointues et outrageusement ringardes. Bref, vous allez adorer.

Le snob pointu

Vous avez en horreur tous ces chanteurs au rabais passés par une émission de télévision. Vous détestez la médiocrité de leurs textes et la pauvreté mélodique de leurs musiques. Vous ne supportez pas l’ambiance de kermesse franchouillarde de leurs concerts ni le flot de bons sentiments de leurs refrains navrants entonnés à tue-tête par une plèbe ignare. Bien entendu, vous seul savez que les vrais artistes ne connaissent jamais la gloire.

Pour vous soigner, écoutez plutôt…

Fishbach. Cette chanteuse n’a peur de rien, ni de pousser sa voix au bord du précipice, ni d’oser des textes bouleversants, des rimes riches et une interprétation théâtrale, totale. Après avoir bouleversé les Transmusicales de Rennes avec une création scénique, elle va sortir un premier album à la fois très accessible et ambitieux.

L’esthète idéaliste

Vous avez en horreur la société du spectacle qui nous impose d’aduler ses clowns ventriloques pour nous faire oublier noter condition de moutons serviles. Vous détestez ces agents du grand capital qui chantent leurs dérisoires peines de cœur pour payer leur ISF. Vous ne supportez pas l’aveuglement (et la surdité) des masses qui vénèrent ces suppôts de Bolloré sans talent. Bien entendu, vous seul connaissez la réalité de la lutte des classes et appréciez les vrais poètes des rues à leur juste valeur.

Pour vous soigner, écoutez plutôt…

Tim Dup. Ce (très) jeune homme n’a que quelques chansons à son actif mais déjà on sent qu’il y a une plume et un souffle très prometteurs. Vous pardonnerez les petites facilités de versification et aurez envie de croire en un avenir radieux pour cet héritier discret de la chanson française mélancolique. Et n’allez pas dire que c’est un nanti : il prend le TER Centre.