Daniel Balavoine sur le tournage d'un clip en 1985
Daniel Balavoine sur le tournage d'un clip en 1985 - BOUTARD/SIPA

Malgré une carrière relativement courte, brisée par le tragique accident lors du Paris-Dakar en 1986, Daniel Balavoine a laissé de nombreux tubes à la postérité. Derrière ces titres qui résonnent encore trente ans plus tard, se cachent parfois d’étonnantes anecdotes, mais aussi les combats qui lui tenaient tant à cœur.

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« Le Chanteur » (1978)

En cette fin des années 1970, Daniel Balavoine peine encore à trouver son public. Chez Barclay, malgré les doutes du grand patron quant à son talent, l’artiste sort son 3e album, grâce à la détermination de Léo Missir, vice-président et responsable des services artistiques. Dans ce nouvel opus, un titre va faire la différence et propulser son auteur au sommet : Le Chanteur. Comme le relate le spécialiste de la chanson française Fabien Lecoeuvre dans son livre Balavoine, la véritable histoire (éditions du Rocher), les paroles se moquent alors indirectement d’Eddie Barclay : « C’est parce que Barclay ne le trouvait pas beau que Balavoine avait écrit : « J’voudrais bien réussir ma vie… être beau, gagner de l’argent ! ». Une fois encore, ils sont peu à croire en cette chanson et la relèguent à la face B du 45 tours. Ce sera finalement un carton, et la galette se vendra à plus de 1,4 million d’exemplaires.

« Je ne suis pas un héros » (1980)

Enorme succès du répertoire Balavoine, Je ne suis pas un héros fut pourtant écrit à l’origine pour une toute autre légende : Johnny Hallyday. Après avoir sympathisé tous les deux à la suite d’une émission de radio, le chanteur compose un titre pour l’idole des jeunes. « J’ai vraiment écrit cette chanson en pensant à Johnny, à ses frasques, à sa vie », a expliqué Daniel Balavoine, « tout m’inspire chez lui, sa rock’n’roll attitude depuis toujours, ses mots, son regard sur la musique (…) J’adore cet artiste, c’est le plus grand ! » Ce sera pourtant un flop. Le chanteur la reprend donc à son compte, et là, bingo !

« Mon fils ma bataille » (1980)

Mon fils ma bataille ne fait ni allusion à la séparation des propres parents de Daniel Balavoine, ni à son histoire personnelle. Ce titre poignant sur un père qui se bat pour son enfant, l’artiste le doit à un film sorti la même année, Kramer contre Kramer, avec Dustin Hoffman et Meryl Streep. Cette histoire de divorce douloureux, ainsi que le témoignage de Colin Swinburne (guitariste du groupe Clin d’œil), lui-même divorcé, vont donc lui inspirer l’un de ses plus grands tubes.

« L’Aziza » (1985)

Si l’album Sauver l’amour est son plus grand succès commercial, il est également son dernier. Ce 5e opus débarque dans les bacs fin 1985, soit quelques semaines seulement avant sa disparition. Parmi les titres, L’Aziza, signifiant « chérie » en arabe. Balavoine dédie cette chanson à Corinne, sa compagne, juive marocaine et alors enceinte de son second enfant. « Quand j’entends qu’on parle de jeter les immigrés dehors, j’ai peur qu’on enlève ma femme », confiera le chanteur qui livrera dans ce titre une véritable ode à la tolérance. Le 7 décembre 1985, lors de la Fête des Potes, le président de SOS Racisme Harlem Désir, lui remettra le prix de la Chanson anti-raciste.

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