Elvis Presley en 1965. 
Elvis Presley en 1965.  - NANA PRODUCTIONS/SIPA

Annabelle Laurent

Quand la nouvelle de la mort du King se répand, le 16 août 1977, ses fans ne veulent pas y croire. Des milliers de personnes se pressent devant Graceland, la demeure du chanteur à Memphis, dans le Tennessee. Trente-cinq ans plus tard, les circonstances exactes de sa mort ne sont toujours pas élucidées, bien que plus de 14 substances aient été retrouvées dans son système sanguin… Mais ce 16 août 2012, ils sont encore des milliers, réunis au même endroit pour rendre hommage au père du rock’n’roll. Retour en images sur les plus grands succès de l’artiste aux 700 millions de disques vendus, dont John Lennon disait que s’il «n’avait pas existé, aucun d’entre nous n’aurait existé».

That's All Right Mama (1954)
En 1954, Elvis vient tout juste de se lancer dans la chanson. Son premier 78 tours «My Happiness» a révélé son timbre si particulier, mais c’est avec «That’s All Right Mama» que va réellement naître Elvis «The king of rock’n’roll». Chanson de blues d’Arthur Crudup à l’origine, «That's All Right Mama» est reprise à l’improviste par le jeune chanteur lors d’un enregistrement au Studio Sun Records, dont le patron Sam Phillips racontera plus tard: «Ce que venait de faire Elvis avec «That's All Right» me donna immédiatement la chair de poule. Je savais qu'on tenait quelque chose. Elvis a transformé la chanson en rock and roll. Je peux vous dire que pour moi c'était un choc. Je décidai qu'il devait l'enregistrer. Ce fut son premier vrai succès à Memphis».



Blue Suede Shoes (1956)
Sam Philipps envoie alors Elvis en tournée. Son déhanchement qui devient sa marque de fabrique sur scène lui vaut rapidement le surnom de «The Pelvis»… pour le bonheur des groupies et la consternation de certains Américains puritains, qui obtiendront plus tard qu’Elvis ne soit filmé qu’au dessus de la ceinture. Cette tournée aux quatre coins des Etats-Unis lance sa carrière et à 20 ans, seulement un an après avoir eu la bonne idée de tenter sa chance dans la chanson, Elvis est disque d’or. C’est l’époque de ses plus grands succès, dont «Blue Suedes Shoes», «I Want You, I Need You, I Love You», ou «Jailhouse Rock».

I want You, I need you, I love you (1956)

 Jailhouse rock (1957)

Heartbreak Hotel (1969) 

En 1958 Elvis quitte la scène temporairement pour faire son service militaire, mais s’en détourne réellement à son retour en 1960. Il se consacre à Hollywood et tournera vingt-sept films pendant neuf ans. Il revient en 1968 dans une émission spéciale de la NBC, «Elvis, 68 Comeback Special», faite de morceaux live et de passages filmés lors de précédents concerts ou de répétitions.

Le concert par satellite à Hawaii (1973)

De 1968 à 1977, pendant neuf ans, Elvis va enchaîner les concerts, en reconquérant facilement ses fans après ses quelques années d’absence vite pardonnées. Le magazine Rolling Stone écrit en 1968: «Elvis est surnaturel, il s'est réincarné en lui-même». En 1973 à Hawaï, Elvis est le premier artiste à donner un concert retransmis par satellite. Un milliard et demi de téléspectateurs de 43 pays différents assistent au concert simultanément. Le record n’a jamais été égalé à ce jour.

Un des derniers concerts d’Elvis (21 juin 1977)

En plus de 20 ans de carrière, Elvis a donné 1.156 concerts aux Etats-Unis et trois au Canada, et donné 525 spectacles à Las Vegas. Sans doute épuisé par ce rythme effréné, Elvis se laisse aller et le rockeur en blouson noir laisse place à un Elvis bouffi, marqué par l’alcool et la drogue. A la fin de sa vie, bourré de médicaments, le King pesait 140 kilos. Victime d'un malaise sur scène en 1977, il meurt dans sa demeure de Graceland le 13 août.