L'écrivain américain Gore Vidal en 2004.
L'écrivain américain Gore Vidal en 2004. - NEKULA/VIENNA REPORT/SIPA

Avec Reuters

Célèbre pour ses observations acérées sur la culture américaine et ses rapports conflictuels avec les écrivains de son temps, l'homme de lettres américain Gore Vidal est mort mardi à l'âge de 86 ans des suites d'une pneumonie, rapporte le Los Angeles Times.

Né à West Point dans l'Etat de New York, Eugene Luther Vidal Jr. - il adopta ensuite le nom de famille de sa mère comme prénom - avait commencé sa carrière à 19 ans alors qu'il était un tout jeune soldat basé en Alaska. Son premier roman, «Williwaw», évoquait son expérience de la Seconde Guerre mondiale.

Mais c'est avec son troisième roman, paru deux ans plus tard en 1948, «The City and the Pillar» (Un garçon près de la rivière) qu'il créa le scandale et se fit connaître en mettant en scène un héros homosexuel, une première dans le paysage littéraire américain.

Egocentrique et caustique

Brillant et élégant, égocentrique et caustique, Gore Vidal s'en prenait régulièrement aux écrivains de son temps: Truman Capote a pu être qualifié d'«animal grossier» et Ernest Hemingway de plaisanterie. Gore Vidal n'a pas hésité à comparer Norman Mailer, un de ses plus célèbres ennemis littéraires, au célèbre tueur Charles Manson. Les deux hommes en étaient plusieurs fois venus aux mains.

Après un succès précoce, la carrière de Gore Vidal a marqué le pas. Il s'est alors recentré sur la télévision et les scénarios de cinéma. Il s'était remis en scène dans les années 60 avec «Julian», sur la vie d'un empereur romain, «Washington D.C.», la saga d'une famille de politiques et «Myra Breckenridge», roman satirique sur la vie d'un transsexuel qui fut porté à l'écran en 1970.

Gore Vidal est également connu pour la plume acérée de ses essais sur la société, le sexe, la littérature ou la politique.

Considérant les Etats-Unis comme un pays devenu ennuyeux - il déplorait la chute de ce qu'il appelait l' «Empire américain» - il avait passé l'essentiel de son temps à partir des années 60 dans une villa italienne au bord de la mer. Il était revenus aux Etats-Unis de façon permanente en 2003, peu avant qu'Howard Austen, son compagnon depuis plus de 50 ans, ne meure du cancer.

Lié aux Kennedy

L'ego de Gore Vidal ne semblait pas s'être atrophié avec l'âge. Dans une interview en 2008 au magazine Esquire, l'écrivain remarquait que les gens semblaient toujours impressionnés par le grand nombre de gens célèbres, artistes mais aussi politiques - il était lié indirectement aux Kennedy par le remariage de sa mère - qu'il avait côtoyés dans sa vie.

«Les gens tournent toujours cette phrase dans le mauvais sens», avait-t-il souligné. «Pourquoi, n'est-ce pas, la mettre dans le bon sens, à savoir que ces gens ont fait ma connaissance et qu'ils le voulaient ?»

Gore Vidal au 17e festival de Cannes en 1964: