Bill Posters, devant une école primaire de Manchester. 
Bill Posters, devant une école primaire de Manchester.  - http://brandalism.org.uk

Annabelle Laurent

Le street-art et la pub se disputent l’espace public. A Leeds, Manchester, Londres, Birmingham et Bristol, une trentaine de panneaux publicitaires ont disparu ces derniers jours sous les bombes de peintures de 26 artistes issus de huit pays différents et réunis dans le collectif «Brandalism», contraction de «brand» (marque) et de «vandalism», rapporte The Independent. Le but de leur initiative: «Contester la légitimité et l’autorité de l'industrie de la publicité» en «s’inspirant des Dadaïstes, des Situationnistes et de différents mouvements du Street-Art» expliquent-ils sur leur site.

 

«Nous sommes fatigués d’être agressés par les publicités à chaque coin de rue donc nous avons décidés de réunir quelques amis venus de tous les pays et de commencer à reprendre les panneaux, un par un» expliquent-ils encore. Parmi eux, l’anglais Robert Montgomery, qui s’est fait un nom avec son projet «Billboard Pieces» exposé à Londres en février. Il détourne depuis 2005 les espaces publicitaires qu’il remplace par des textes ou poèmes écrits en lettres blanches sur fond noir et reflétant sa réflexion sur la prolifération de la publicité.

Bill Posters, connu pour avoir détourné le slogan de Nike en «Just Loot it!» (pillez-le) explique lui à The Independent «L'industrie de la publicité fait pression quand elle manipule nos besoins et nos envies. La pression d'avoir les dernières baskets, fringues et téléphones. Cette pression a éclaté lorsque les gosses ont pris d’assaut les rues du pays (l'été dernier) pour réclamer ce dont ils étaient censés avoir besoin».

 Le street art combat la pub… qui elle copie le street art

Le monde de la publicité que combat ici le street art lui en emprunte pourtant de plus en plus les codes, voire les auteurs. De plus en plus d’opérations marketing font appel au talent des street artistes, comme Levi’s avec le portugais Alexandre Farto alias Vhils. Les artistes 3D Joe and Max ont aussi réalisé le plus grand trompe l’œil du monde pour le compte de Reebok

 

>> Que pensez-vous de l’initiative de ces street artistes? Le street art vous semble-t-il moins nuisible que la publicité? Ou l’inverse? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr