Rim'k, chef de famille du rap français.
Rim'k, chef de famille du rap français. - fifou

Sarah Gandillot

Vous multipliez les collaborations. Grand Corps Malade, Toma, Kavinsky. C'est important de décloisonner le rap?

Le rap est une musique hybride. On a toujours puisé dans la soul, le jazz, le funk… Moi, j'y associe le slam ou l'électro. J'ai toujours abordé la musique comme ça. Je continue. Mouloud Achour m'a présenté Kavinsky. On s'est bien entendus, puis on s'est enfermés en studio. Mes collaborations sont avant tout fondées sur des rapports humains.

Vous êtes très à l'écoute des autres artistes?

Oui, j'écoute vraiment tout. Ça m'éveille l'oreille. Même les gros classiques français. Un petit coup de Chante France de temps en temps ne fait de mal à personne.

Vous êtes un obsédé du travail?

Je suis addict, oui. J'ai mon studio, Frénézik, dans le 9-4. C'est un lieu de travail, mais aussi de passage. Je reçois des amis, je peux rester trois jours dedans, me réveiller en pleine nuit, avoir une idée, enregistrer un petit truc… Je vis, mange et dors musique.

Comment expliquez-vous votre longévité?

Le travail. C'est ce que j'explique aux jeunes générations. Il n'y a pas que le buzz et Internet. L'écriture, c'est une gymnastique. Plus t'écris, meilleur t'es.

Le rap se doit-il d'être révolté?

Ce n'est pas une obligation, mais c'est l'essence du rap. Il vient des ghettos new-yorkais, c'est un mouvement contestataire, un cri de la rue. S'il n'est pas révolté, il perd de son âme.

Votre premier combat, quel est-il?

Il est social. Aujourd'hui, en France, il y a des sujets sensibles: l'économie, le chômage… Cela touche de plein fouet les gens autour de moi.

A quand un album Rim'k-Booba façon Jay-Z-Kanye West?

Excellente idée! C'est flatteur, en tout cas. Avec Booba, on se retrouve sur plein de points. On est de la même génération, on a explosé au même moment. Tout ça crée des liens. On travaille un peu de la même façon. Je vais y songer!