« Squids Wild West », des Français de Game Bakers et « Papo & Yo » des Canadiens de Minority Games.
« Squids Wild West », des Français de Game Bakers et « Papo & Yo » des Canadiens de Minority Games. - the game bakers

Joël Métreau

Jouer à l'écart des blockbusters. L'un des attraits de « Joue le jeu », à La Gaîté Lyrique, à Paris, c'est de présenter des jeux issus de la création indépendante. Un documentaire sur ses concepteurs sera projeté, Indie Game : The Movie. « Désormais, on peut acheter des machines puissantes pour pas cher et travailler en petites équipes, note Lynn Hugues, l'une des commissaires de l'événement. C'est un modèle qui prend moins de risques financiers. » D'ailleurs, les plateformes de « crowdfunding » (ou de financement collectif), comme Kickstarter aux Etats-Unis ou Ulule en Europe, sont de plus en plus sollicitées par ces créateurs. « Un jeu vidéo indépendant est un jeu autofinancé, sans partenariat avec un gros éditeur, explique Audrey Leprince, dirigeante de The Game Bakers à Montpellier. Téléchargé à un million d'exemplaires, leur jeu « Squids », avait demandé neuf mois de développement autour d'un noyau de cinq personnes.

Indé, connoté artistique
Leur deuxième, « Squids Wild West », lancé ce mercredi, sera aussi dispo sur iPhone et iPad. « La distribution est plus facile, le mobile est plus simple à utiliser », ajoute-t-elle. Et surtout, on compte 14,3 millions de joueurs mobiles en France (62 % sur smartphone, 14 % sur tablette), selon une étude récente de Newzoo. « Squids » a été sélectionné pour sa direction artistique par les EIGD Awards 2012. EIGD ? Les European Indie Game Days, premières rencontres professionnelles du jeu vidéo indépendant organisées à Marseille les 2 et 3 juillet. « Indé, c'est un peu fauché, ironise Thierry Platon, à l'initiative de ce rendez-vous. En tout cas, le créateur est économiquement indépendant. » Que ce soit une personne seule dans son garage ou un studio de 80 salariés. « La notion d'indie, qui vient des Etats-Unis, a aussi une connotation artistique, poursuit Thierry Platon. Ce sont des jeux qui dénotent en originalité par rapport aux titres à très gros budget. » Pour Fabien Delpiano, boss du studio Pastagames, « un jeu vidéo indé est imaginé par des gens qui ne se posent pas la question de savoir s'il va être vendable. L'éditeur, lui, va tout de suite demander quelle est la cible marketing. »