L'artiste portugaise Joana Vasconcelos présente ses œuvres loufoques et girly au château de Versailles jusqu'au 30 septembre.
L'artiste portugaise Joana Vasconcelos présente ses œuvres loufoques et girly au château de Versailles jusqu'au 30 septembre. - P. AVENTURIER/SIPAP. AVENTURIER/SIPA

Sarah Gandillot

Joana Vasconcelos se fiche royalement d'être la première représentante de la gent féminine à exposer à Versailles pour ce rendez-vous annuel de l'art contemporain. Quoi qu'il en soit, les seize œuvres de l'artiste portugaise de 41 ans présentées dans les appartements du château à partir d'aujourd'hui débordent de féminité. La pièce qui ouvre le bal, gigantesque patchwork de tissus bariolés aux formes tentaculaires, porte le doux nom de Mary Poppins. Les immenses escarpins au milieu de la galerie des Glaces, celui de Marilyn. Ils sont la réplique exacte de ceux que l'actrice portait dans Certains l'aiment chaud. Ceux de Vasconcelos mesurent trois mètres de haut et sont composés de casseroles et couvercles en acier. « Une synthèse de la femme contemporaine tiraillée entre le glamour et la tradition », explique l'artiste.

Humour et distanciation
Pas de militantisme frontal chez Vasconcelos, mais « beaucoup d'humour, d'ironie fraîche et distanciée », analyse Jean-François Chougnet, commissaire de l'exposition. Il faut voir ces deux homards en céramique recouverts de dentelle des Açores, qui se regardent en chiens (crustacés ?) de faïence. Ce sont Le Dauphin et la Dauphine, attablés face à face dans la salle du Grand Couvert. Joana Vasconcelos convoque les reines, interagit avec l'espace et son histoire, fait résonner son identité avec le château. « Je ne voulais pas le décorer mais dialoguer avec lui. » Pari réussi jusqu'à cet ultime hélicoptère ultra bling-bling, couvert d'or et de plumes roses. Entre Katy Perry et Sofia Coppola. Seule ombre au tableau, l'absence polémique de l'œuvre maîtresse de Vasconcelos, A Noiva [«la fiancée], immense lustre composé de milliers de tampons hygiéniques, qui l'a fait connaître en 2005 à la Biennale de Venise. Sa présence n'a pas semblé indispensable à la présidente du château, Catherine Pégard. Un choix farouchement désapprouvé par l'artiste, convaincue au contraire que l'œuvre, ode à la féminité, avait tout son sens dans l'exposition.