Max Boublil le 12 octobre 2011. 
Max Boublil le 12 octobre 2011.  - DELALANDE RAYMOND/SIPA

Propos recueillis par Sarah Gandillot

Pourquoi acheter votre disque puisque tout est sur le Net?

Parce qu’il y a deux inédits! Et que, tu sais quoi, les fans sont sympas, ils l’achètent. Pas comme toi! Ils savent que c’est un moyen d’avoir, peut-être, un troisième album. Ils veulent l’objet. Oh puis on s’en fout, je n’en sais rien. On n’est pas là pour parler d’argent. On est là pour l’amour. Faisons l’amour! Moi si j’avais été fan de moi (j’aurais eu bon goût quoi!), j’aurais acheté l’album. 500.000 fans sur Facebook, tu te rends compte? T’imagine s’ils l’achetaient tous? Tu sais, en vrai, je m’en fous de l’argent, vraiment.

As-tu déjà été fan?

A mort! De Kurt Cobain quand j’étais petit. D’Eminem un peu plus tard.

Vous avez un humour potache. C’est un genre plutôt sous-représenté en France, non?

Je ne dirais pas potache, mais plutôt de mauvais goût. Mais jamais vulgaire. Pas de mots crus, n’est-ce pas. C’est un humour sincère. Je fais vraiment ce qui me fait rire. Je suis fan de moi, quoi. Tout simplement! Mais oui pour revenir à la question, c’est vrai, c’est sous représenté. Je pense que les gens m’attendaient... J’essaie toujours, malgré tout, de mettre un peu de fond. «Put your sex in the Air», la chanson inédite, est une énorme blague bien sûr mais aussi une critique de Rihanna et Katie Perry. Toutes ces filles qui font des clips où elles se mettent à poil et que les gamines de 12 ans imitent. Ma chanson «raciste», c’est une critique sociétale. Mais oui, Madame!

Vous êtes en tournée, ça cartonne. Vous avez donc réussi à passer au-delà de la Web crédibilité ?

Ce qui se passe sur scène, c’est génial. Mon plus grand bonheur, c’est que les salles sont pleines. Après, la «Net crédibilité», comme tu dis, c’est très important. Presque plus valorisant qu’un mec qui viendrait de la télé ou de la radio. D’ailleurs, je pense que je vais continuer à mettre des trucs sur Internet. Mais c’est dur de continuer à avoir de l’inspiration et à trouver de bonnes vannes.

Etre sur scène, c’était l’objectif ultime?

Oui, mais en même temps, le Net c’était aussi une fin en soi. Attention! C’est devenu les hymnes des collèges et les lycées… c’est une grande fierté. Ce n’est pas juste un moyen de promotion. Mais la scène, c’est irremplaçable. Quand je prends la guitare pour chanter, les meufs se lèvent et allument les briquets. Je passe de Gad Elmaleh à Patrick Bruel, tranquille.

Aujourd’hui, selon vous, pour acquérir une notoriété faut-il forcément en passer par la case Web?

J’ai l’impression que c’est devenu le passage glorieux. Aujourd’hui, la télé ne permet plus aux humoristes de remplir les salles. Tu as beau passer au Grand journal ou chez Ruquier, ça n’a plus le même effet. Le Web a le même effet que les radios libres dans les années 80. La télé, on te l’impose. Avec le Net, l’internaute a la satisfaction de découvrir quelqu’un. Après, faut voir comment ça évolue. Peut-être qu’à un moment les internautes te lâchent. Je pense que si tu vas à la télé, ils te lâchent. Ils n’ont pas envie que tu te dévoies, payé des fortunes, à aller faire des chroniques en télé.

Vous n’avez pas été dragué par la télé?

J’avais fait des chroniques dans le Grand journal qui n’étaient pas très drôles. T’as des formats imposés, la pression, le direct, l’audimat… ce n’est pas pour moi. J’ai arrêté car mes potes m’ont dit que je n’étais pas marrant. J’ai besoin d’être libre, d’être la plus belle de la soirée pour exister.

Votre public est parfois très jeune, vos paroles assez crues. Les jeunes d’aujourd’hui sont précoces ou quoi?

C’est étonnant, oui. Je n’ai à aucun moment écrit en visant un public jeune. Je pense que c’est le support YouTube qui fait qu’ils s’en sont accaparés. Comme quoi les jeunes rient aux même trucs que les trentenaires. Ou alors je suis vraiment un attardé. Les jeunes, c’est un public que tu ne peux pas escroquer. Si tu commences à leur faire du marketing, ça ne marche pas.

Vous n’avez pas des retours de parents inquiets?

Au contraire! Ils viennent au spectacle et rient plus que leurs enfants. Ils connaissent mes chansons par cœur! Un philosophe très connu - je ne peux pas le citer - est venu me voir sur le tournage du film que je fais en ce moment et il m’a dit en ricanant : «Hey, j’ai vu ta mère sur Chatroulette»! Le mec est philosophe!

Vous vous foutez bien de la gueule des chanteurs de variété. Vous aimez quoi comme musique, en vrai?

J’aime cette musique que je critique. Tu me mets David Guetta en boîte, je monte sur la table, je lève le bras et tout… Je vais au sport, je me mets un petit Rihanna. Je suis un gros «mainstreamer». Je n’écoute pas du jazz manouche sur France Inter. Dans mon iPod, il n’y a que des trucs dégueulasses. Du Dj Antoine. Je suis un plouc!

Son nouveau clip «Put Your Sex In The Air»: