Le rappeur Orelsan sur scène lors des Victoires de la Musique 2012.
Le rappeur Orelsan sur scène lors des Victoires de la Musique 2012. - NIVIERE/SIPA

A.L avec AFP

Orelsan n’en doutait pas ce matin au micro d’Europe 1, et il avait raison. Il a été relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris.

Lors de l’audience du 7 mai, Aurélien Cotentin, de son vrai nom, avait fait valoir sa liberté de création face à la présidente de Ni Putes Ni Soumises (NPNS) Asma Guérifi qui voyait dans la chanson «Sale Pute», diffusée par le chanteur sur Internet en février 2009, «un appel à la haine». 

Lui avait déclaré: «Certes, le texte est très violent, mais il n'y a aucune image de violence, je n'ai pas été plus loin que n'importe quelle série sur TF1 où il y a un meurtre direct (…) Je ne pense pas que les gens soient suffisamment bêtes pour réitérer ce qui est dit dans une chanson, ou alors c'est qu'ils sont dangereux dès le départ.»

«Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon et ça, ce n'est pas fictif», avait répliqué l'avocate de l'association, Me Samia Megouche, qui réclamait 4.000 euros de dommages et intérêts à Orelsan. De son côté, le procureur estimait déjà en mai qu’on «se trompait d’ennemi», jugeant que les femmes battues n’étaient pas «victimes des propos d’un chanteur qui s’exprime dans le cadre de sa «liberté d'expression artistique». Il demandait la relaxe.

«Je vais t’avorter à l’Opinel»

La décision du tribunal correctionnel met donc fin au conflit qui opposait NPNS au chanteur depuis 2009. L’association avait engagé des poursuites dès la diffusion de la chanson, particulièrement choquée par «On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée», «tu mérites ta place à l'abattoir», «je vais t'avorter à l'Opinel» ou encore «J'veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant».

>> Voir notre vidéo d’Orelsan en live dans le studio de «20 Minutes» en mars dernier

>> Orelsan en interview vidéo pour «20 Minutes» en septembre 2011