La grande voix de Dietrich Fischer-Dieskau s'est éteinte

CULTURE Le baryton est décédé ce vendredi...

Anne-Laëtitia Béraud

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Dietrich Fischer-Dieskau

Dietrich Fischer-Dieskau — AP / SIPA

Une des grandes voix de la musique classique vient de s’éteindre. Le baryton allemand Dietrich Fischer-Dieskau, l’un des meilleurs interprètes de Schubert, est décédé ce vendredi, a annoncé son épouse Julia Varady à l'agence de presse allemande dpa.

Le chanteur, à la voix immédiatement reconnaissable et à la diction ciselée, avait 86 ans. Il avait arrêté sa carrière depuis une dizaine d’années, mais ses interprétations, notamment celles entre 1950 et 1980, font toujours date. L’homme était un spécialiste de Schubert, et du lied, un morceau mêlant voix et piano, notamment celui intitulé le Roi des Aulnes.

>> Ci-dessous, son interprétation du terrible poème de Goethe, le Roi des Aulnes

Né en Allemagne en 1925 et détecté  à l’adolescence comme un surdoué du chant, Dietrich Fischer-Dieskau commence à donner des concerts en pleine Seconde Guerre mondiale, mais c’est dans les années 1950 qu’il acquiert une dimension internationale. Il rencontre en 1950 un chef d’orchestre très connu, Wilhelm Furtwängler, lors du festival de Salzbourg, qui lui fait chanter l’année suivante du Gustav Mahler, un enregistrement considéré encore aujourd’hui comme exceptionnel.

Le chanteur est alors propulsé sur le devant de la scène musicale classique internationale. Les années défilent, les concerts et les opéras s’enchaînent pendant une trentaine d’années, une longévité exceptionnelle pour un chanteur lyrique.

L’homme, spécialiste de Schubert, enregistre en 1968 l’intégrale des 600 lieds du compositeur. Il chante aussi du Brahms et du Mahler, sans délaisser les compositeurs contemporains tel Olivier Messiaen. Il enregistre beaucoup, surprend par le recul de ses interprétations, reçoit de nombreuses distinctions, mais réussit surtout à attirer de nouveaux publics vers la musique classique. C’est peut-être là sa plus grande réussite.

>> Par là, Je me suis retiré du monde de Mahler, pour la délicatesse de la voix et la douceur de l'orchestre

>> Et pour la puissance vocale, le lied Mondnacht (Nuit sous la lune) composé par Schumann à voir par ici