Madonna lors du Superbowl, le 5 février 2012. 
 Madonna lors du Superbowl, le 5 février 2012.  - CAL SPORT MEDIA/SIPA

Benjamin Chapon

Incontestablement raté, le nouvel album de Madonna entérine la déchéance de l'ex-pop star ultime. Avec MDNA, son douzième album, la chanteuse court assez lamentablement après la tendance dance, qui secoue les Etats-Unis depuis cinq ans. Si elle n'est pas allée jusqu'à débaucher David Guetta, Madonna a choisi d'exploiter la filière française avec Martin Solveig, DJ parisien qui constitue, avec Guetta et Bob Sinclar, la triplette tricolore à succès. Mais la dance d'hypermarché n'est pas la seule spécialité française que Madonna exploite.

Le cynisme romantique

Deux thèmes s'affrontent dans les textes de cet album. D'un côté, l'appel à un hédonisme sauvage, nocturne et urbain, sur fond de musiques brutales. De l'autre, la haine de soi qui naît après une déception amoureuse. Habituellement très positive, et parfois un peu politisée, Madonna évoque dans cet album son divorce avec Guy Ritchie.

Le contraste rococo

D'une ballade insipide à une titre boum-boum ibizesque ou un hymne pop, Madonna s'essaye à tous les styles sur cet album. Mais souvent, elle tombe dans les pires clichés du genre. Pour cause, elle a fait appel aux frérots italiens Benassi, gros faiseurs de rengaines à turbines, et à William Orbit, l'un de ses producteurs fétiches, qui n'aime rien tant que les orchestrations à l'ancienne façon André Rieu sous Tranxène.

La performance décevante

Madonna est à la rue musicalement, mais veut continuer à en imposer sur scène. En février, elle avait donné le meilleur d'elle-même lors du show de la mi-temps du Super Bowl. Un brin décevante, la prestation n'a pas permis à la chanteuse de remplir sa prochaine tournée des stades. Il reste par exemple des places pour son concert au Stade de France le 14 Juillet.

L'audace d'arrière-garde

Des flingues, de la fumée de cigarettes, des hommes en bas torrides et un érotisme noir et blanc qui brille... Récemment interdit par YouTube aux moins de 18 ans, son clip de Girl Gone Wild radote les pires outrances visuelles des années 1990. Bien sûr, dans le cas de Madonna, ce genre de recyclage est une sorte d'hommage à elle-même, une mise en abyme de son lustre passé. Pour l'avenir, on repassera.

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