Ah ! le petit poème de la Fête des mères et les récitations : la poésie est liée à l'enfance. Puis elle passe quelque part après l'adolescence. « La vérité, c'est que la poésie est le laboratoire de la littérature et qu'elle est exigeante », explique Jean-Pierre Balpe, ancien directeur de la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne. Peut-être aussi parce qu'à force d'avoir décortiqué Baudelaire au collège, le mystère s'est éventé. « La poésie est présentée à l'école comme un objet d'analyse plus que comme une pratique artistique », souligne Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes. Il y a quinze ans, une poignée de mabouls ont ainsi créé cet événement. « Nous voulions redonner confiance à ceux qui ne se sentent pas autorisés à la poésie, alors que c'est l'art le plus accessible. » Et cela peut commencer par un poème sur le frigo.

ça s'en va et ça revient ?
« Je trouve de la poésie partout, confie Christian Olivier, des Têtes Raides, qui préside le 4e concours Andrée Chedid du poème chanté au Printemps des poètes. J'ai commencé tard, avec Genet, mais n'ai jamais arrêté : la poésie, je m'en nourris. » « Sans oublier que la poésie est le genre le plus pratiqué en amateur avec le journal intime », rappelle Sébastien Dubois, professeur et sociologue de la poésie contemporaine à Rouen. Reste du chemin avant que la poésie contemporaine soit aussi lue que le roman : « Au XIXe siècle, les tirages des livres de poésie étaient inférieurs à aujourd'hui, poursuit-il. Mais le public reste majoritairement constitué de professions culturelles ou intellectuelles, comme alors. ».
www.printempsdespoetes.com.

pour s'y remettre

L'Onomatopée d'Andrée Chedid (Rue du Monde) : à lire aux tout-petits. Les Enfants en poésie (Gallimard Jeunesse) : les classiques. Quand la nuit se brise, anthologie de la poésie algérienne (Points Seuil). Avant les monstres de Dominique Fabre (Cadex) : pour adultes.Toboggans des maisons, d'Amandine Marembert (Farfadet bleu) : à partager.

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