L'un des oeuvres exposées au Guggenheim de New York lors de la dernière exhibition de Maurizio Cattelan, en janvier 2012.
L'un des oeuvres exposées au Guggenheim de New York lors de la dernière exhibition de Maurizio Cattelan, en janvier 2012. - BENJAMIN CHAPON/20 MINUTES

Benjamin Chapon

Ils sont devenus les deuxièmes lieux les plus denses dans les expos (après la boutique), selon une étude des musées britanniques: les zones interactives. Au musée de Fourvière, à Lyon, pour «La médecine à l'époque romaine», la société Museotouch a développé une borne tactile où les visiteurs pouvaient trouver le traitement antique à leurs maladies contemporaines: concoctions d'ail et d'orties pour les courbatures, betteraves au miel contre le stress… «Les données scientifiques ne sont pas nouvelles, mais leur mise en scène l'est, explique la conservatrice du musée, Véronique Rey-Vodoz. C'est de la data-muséographie.»

Les œuvres d'art, c'est comme les amis, on aura bientôt plus de nouvelles d'eux sur Facebook que dans la vraie vie. Les plus grands musées internationaux semblent avoir compris que la bataille de la fréquentation ne se jouera plus uniquement in situ, mais sur les réseaux sociaux. Le Louvre, le MoMA ou la Tate Gallery investissent massivement Facebook et Twitter.

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«Quand j'étais petite, mes parents m'ont ramené un CD-ROM du Louvre de leur voyage à Paris… je ne l'ai jamais utilisé!» Nancy Spector, conservatrice en chef du Guggenheim Museum, à New York, croit que les nouvelles technologies doivent avant tout apporter une «dimension fun.» Pour l'exposition de Maurizio Cattelan, le musée a créé une application pour smartphone conçue comme un jeu d'énigmes, façon puzzle.

Deux autres musées new-yorkais, le MoMA et le Metropolitan Museum développent une application avec géolocalisation. L'internaute «s'abonne» à des œuvres des musées et reçoit des informations quand il passe à proximité d'un lieu ayant un lien avec elles. Quand on passe près d'un endroit où Pollock a vécu, on reçoit une vidéo du peintre en action dans cet atelier. Quand on passe à côté d'un bar où Mondrian avait ses habitudes, on reçoit la recette du cocktail fétiche de l'artiste.

Le Rijksmuseum d'Amsterdam a lui investi Twitter. Les visiteurs peuvent «suivre» des œuvres, notamment celles qui ne sont pas exposées, en prêt ou restauration. Les «abonnés» sont informés des pérégrinations de l'œuvre. Plutôt anecdotiques, les informations permettent surtout au musée de gérer la frustration des visiteurs déçus.

Mais les applications des musées ne sont pas toutes aussi innovantes. Le plus souvent payantes, elles remplacent avantageusement les audioguides. Un développeur d'applications explique: «Plus agréables et souples d'utilisation et plus riches en info, elles permettent surtout aux musées des économies sur les frais de maintenance des audioguides.»

Place à la lumière

Le Rijksmuseum d'Amsterdam a incrusté des micro-LED dans le cadre du chef-d'œuvre, La Ronde de nuit de Rembrandt. Outre une économie d'énergie, cet éclairage donne un rendu plus chaud et contrasté. Pour Wim Pijbes, directeur du musée, il s'agit aussi d'améliorer le confort des visiteurs: «Cet éclairage élimine tout effet de brillance. Les visiteurs peuvent confortablement observer le tableau, même sur les côtés. On abaisse ainsi le temps d'attente des visiteurs.»