«Game Story» au Grand Palais, histoires d'en jouer

JEU VIDEO – L'exposition «Game Story», au Grand Palais, retrace l'histoire du jeu vidéo des années 1970 jusqu'à nos jours. L'occasion de rejouer à des classiques…

Joël Métreau

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L'exposition «Game Story», au Grand Palais.

L'exposition «Game Story», au Grand Palais. — DR

Seb, c’est bien, dit la publicité. Mais c’est encore plus surprenant de voir la marque d’électro-ménager dans une expo sur le jeu vidéo. Derrière une vitrine de «Game Story», qui se tient jusqu’au 9 janvier au Grand Palais, se tient une console Seb, parmi d’autres clones du jeu «Pong». Pour la première fois, le jeu vidéo prend ses quartiers dans un haut lieu culturel de la capitale. «C'est un média qui a déjà une histoire, il a donc un patrimoine qu'il faut mettre en valeur, afin qu'on puisse le consulter», expliquait Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication dans une interview à 20Minutes. Ce patrimoine vidéoludique est donc présenté chronologiquement, au fil des machines et les œuvres, avec des explications de vocabulaire: pixel, texture, processeur…  Des objets mettent en perspective cet univers, comme des affiches de films de Dracula, à côté du jeu «Castlevania». «L’imaginaire du vampire est très présent dans le jeu vidéo japonais. Mais l’imaginaire de la fantasy va aussi être popularisé par le jeu vidéo», explique Jean-Baptise Clais, commissaire de l’expo.

Une 3D inspirée d’estampes japonaises du XVIe siècle

«Game Story» est né en décembre dernier, après une rencontre entre l’association MO5.COM, des responsables du Grand Palais et du musée Guimet. Dans la galerie Sud-Est du Grand Palais, rouverte pour l’occasion, MO5.COM, l’association de bénévoles qui préserve le patrimoine numérique, jeu vidéo et informatique, peut faire partager sa passion. Le Musée Guimet, très ouvert à la culture pop japonaise, s’est associé à l’expo par son expertise des animes et des mangas. Il existe aussi des parallèles entre jeu vidéo et culture traditionnelle nipponne: «Zaxxon, un jeu de Sega de 1982, utilise le procédé de la 3D isométrique pour figurer la profondeur dans un espace. C’était tout à fait nouveau dans le jeu vidéo. Mais c’est quelque chose qui existe dans les estampes japonaises depuis le XVIe ou le XVIIe siècle», explique Philippe Dubois, président de MO5.COM et également  commissaire de l’expo.

William Leymergie et Pac-Man

Une des particularités de «Game Story» est de permettre de prendre en main et de jouer sur des machines qui remontent à la fin des années 1970. «Permettre au public de jouer sur les machines de l’époque a toujours été le moteur de l’association MO5.COM, insiste Philippe Dubois. Si on en perd la mémoire des usages, on a tout perdu. Si on ne peut pas manier une manette de NES, on ne peut pas apprécier la qualité intrinsèque d’un Mario sur une console NES.» Pour comprendre un «Sonic», il faudrait donc pouvoir y jouer sur la console d’origine. «C’est le média original qui, souvent dans le jeu vidéo, a impliqué des choix à la fois créateurs, graphiques, technologiques, graphiques, sonores, dans les oeuvres», note Philippe Dubois. «Game Story» s’avère donc une bonne manière d’explorer avec nostalgie les classiques du jeu vidéo: «Doom», «Final Fantasy VII», «Bubble Bobble»... On y trouve même un ancien Pac-Man sur une borne d’arcade: «On parle du jeu vidéo adapté au cinéma mais ce n’est pas nouveau. Pac-Man un jeu vidéo suffisamment charismatique et qui a un succès tel qu’on va créer un dessin animé à partir du jeu», précise Jean-Baptise Clay, en désignant le 45-tours de William Leymergie, qui fredonnait «rond comme un ballon et plus jaune qu’un citron».

L’expo s’achève avec les dernières consoles, Xbox 360, Playstation 3, Wii. Mais de plus en plus les jeux sont dématérialisés, sans support physique. «C’est dramatique. Préserver les jeux va devenir à l’avenir quasiment impossible, se désole Philippe Dubois. Prenons par exemple le MMORPG Everquest”. Même s’il est installé sur un PC, aujourd’hui impossible d’y jouer: il n’y a plus de serveurs.» Des mondes entiers de fiction sont aujourd’hui menacés de disparition.

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