Encore une bonne de vague de polars venue de la Baltique. Après le Suédois Henning Mankell et l'Islandais Arnaldur Indriðason, c'est au tour du Danois Jussi Adler-Olsen d'être traduit pour la première fois en France. Auteur pince-sans-rire, il a passé son enfance à suivre son père médecin dans des hôpitaux psychiatriques. « Le film Vol au-dessus d'un nid de coucou, ce n'est rien à côté de tout ce que j'ai vu quand j'étais un gamin, explique-t-il dans une interview. Mais j'y ai appris à aimer toutes sortes de personnes. »
De l'humour à l'horreur
Dans son roman Miséricorde (Albin Michel), il tutoie la folie en racontant une histoire glaçante. Merete Lynggaard, une femme politique à la carrière en pleine ascension disparaît, presque sous les yeux de son frère handicapé, lors d'un voyage en ferry-boat. On la croit morte noyée. Sans doute un suicide. Affaire classée. Mais elle a été enlevée et croupit dans un caisson étanche. Avec son assistant syrien Hafez el Assad, l'inspecteur Carl Mørck, écarté par sa hiérarchie, rouvre le dossier de l'enquête et repart de zéro. Mais le temps de la prisonnière est compté. Le récit prenant de Miséricorde navigue entre les deux points de vue, celui de ce flic attachant, si roublard et pataud, et celui d'une femme désespérée qui lutte pour sa survie. Jusqu'au dénouement, le ton oscille entre la comédie et la terreur. Au Danemark, les lecteurs ont plébiscité le style insolite de cette série, « Section V », qui comporte désormais quatre volumes. Il faudrait se dépêcher de la lire avant le film. Ses droits d'adaptation au cinéma ont en effet été vendus en février dernier.