De la porcelaine. A la fois soyeux, fragile et spectaculaire. La musique de Feist est une épopée, du cabaret intime et grandiloquent à la fois. Après le triomphe mondial de The Reminder, album pop et brillant, l'ex-idole de la folk indé revient avec Metals, nouveau chef-d'œuvre plus apaisé, moins clinquant mais encore plus fort en émotions.
Comme on ressort d'une tempête. Enfin, je suppose. Je suis retournée chez moi, au Canada. J'ai vécu des mois sans musique. Je lisais, je faisais du jardinage, buvais du thé.
Très discrètement. Le piano m'a manqué en premier. J'en jouais un peu, le matin. Puis, un jour, sans m'en rendre compte, j'étais en train de composer des chansons.
Oui, la succession entre une période de trop plein musical et une de silence a fait naître en moi beaucoup d'envies. Comme quand on jette une pierre dans une eau calme. Les remous sont très forts et très harmonieux.
Je suis les vagues.
Je ne sais toujours pas ressentir les choses sans excès. Je ne peux pas être un peu malheureuse ou un peu heureuse. Mais j'ai compris l'aspect transitoire des choses, la place infime, minuscule, presque invisible, que prend un instant ou une mélodie entre les deux géants que sont le passé et l'avenir.
Comment ça?
Ah oui… Je n'y avais pas pensé, mais c'est vrai. J'ai fait construire un studio en Californie. C'était très agréable de vivre là-bas avec les garçons du groupe. J'étais la seule fille. Je crois que j'aime me sentir unique.