Marcel Marlier, l'illustrateur de «Martine» le 16 novembre 2010 chez lui à Tournay
Marcel Marlier, l'illustrateur de «Martine» le 16 novembre 2010 chez lui à Tournay - AFP / GEORGES GOBET

«Après un demi-siècle de collaboration, Casterman perd un dessinateur d’exception, un homme de qualité, un ami». L’éditeur informe ainsi de la mort de Marcel Marlier, père graphique des albums de Martine. Le dessinateur belge souffrait depuis l'été de problèmes de santé sévères. Il avait été hospitalisé en novembre.

La vie rurale

Marcel Marlier avait collaboré avec Casterman dès 1951, notamment pour illustrer les romans de la Comtesse de Ségur. Et en 1954, Martine naît. Son chien Patapouf n’existe pas encore, mais elle incarne déjà la vie rurale (Martine à la ferme était le titre du premier album). A partir de là, Martine ne cesse de se lancer dans des aventures différentes, à la mer, à la montagne ou au ski, séduisant chaque fois le lectorat jeune et féminin. Jusqu’en 2010, où la petite fille part à Venise pour son ultime voyage (le 60e): «Martine et le prince mystérieux».

Le scénariste avait changé, passé de Gilbert Delahaye, mort prématurément au fils de Marlier, Jean-Louis. Mais les dessins étaient restés sensiblement les mêmes. La vision passablement misogyne aussi, indignant les féministes des années 1980 qui ne voyaient dans les albums de Marcel Marlier que des clichés de petite fille trop docile.

Renaissance

Mais Marcel Marlier avait créé une héroîne qui faisait tellement partie de la culture populaire que Martine est devenue ces dernières années une icône du Web - en changeant quelque peu d'activités. Martine rat d’opéra ou Martine en avion a laissé place à Martine cache un cadavre et Martine se drogue. Ou Martine doigte un piaf. Des sites de parodie et de générateurs de couvertures retitrées avaient été crées. Casterman les a fait fermer. Des parodies restent cependant trouvables sur le Web.

>> Martine s'offre une seconde jeunesse sur le Web, c'est ici...

Les internautes devront se contenter des albums déjà existants pour continuer les détournements: en accord avec son fils Jean-Louis, Marcel Marlier avait décidé qu’à sa mort, Martine n’aurait plus de suite.

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