Mylene Farmer en concert lors des NRJ Music Awards à Cannes, le 17 janvier 2009.
Mylene Farmer en concert lors des NRJ Music Awards à Cannes, le 17 janvier 2009. - NMA09/NIVIERE-TV/SIPA

Joël Métreau

A bientôt 50 ans, Mylène Farmer allait-elle se métamorphoser en Lady Gaga? Le clip du premier single de son nouvel album –l'entêtant Oui mais... non– décalquait l'univers de la star avec ses perruques, ses chorégraphies de groupe et ses poses lascives.

Fausse piste. Loin des rythmes eurodance de Point de suture, Mylène Farmer rend avec Bleu noir, sorti la semaine passée, un album down-tempo et déprimé. RedOne, collaborateur de Lady Gaga, signe avec Oui mais... non et Lonely Lisa les seuls morceaux dansants du disque.

Reste que pour la première fois en huit albums studio, son fidèle réalisateur-compositeur ­Laurent Boutonnat est absent, son dernier acte remontant à C'est pas l'heure, l'improbable duo Mylène Farmer-Line Renaud.

Down-tempo et déprimé

Ici, la moitié des titres a été écrite par Moby. Autant les boucles électro de l'Américain pouvaient faire merveille à la fin du XXe siècle, autant il a ici raclé ses fonds de tiroirs pour trousser des arrangements sans relief.

Les meilleures chansons sont composées par Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archive. Light Me Up rappelle ainsi que ces Britanniques avaient ajouté leur pierre précieuse à l'édifice trip-hop. Pour les paroles, Mylène Farmer laboure le champ lexical des mots amour, ombre, ange et mort, sans humour ni espièglerie.

A Paris Match, elle confiait récemment qu'elle voudrait qu'on dise d'elle: «C'était une grande astronaute!» Il est vrai que sa carrière entamée en 1984 ressemble à ­cel­le de la navette spatiale Chal­lenger: une ascension fulgurante dans les années 1990, sui­vie d'un penchant pour l'auto-caricature tel qu'on se demande à quel endroit la chanteuse a explosé en plein vol.