Le crowdfunding se décline à toutes les sauces

INTERNET Musique, presse, équitation, littérature... Les internautes ont l'embarras du choix pour financer des projets estampillés participatifs...

Sandrine Cochard

— 

 

  — DR

Le crowdfunding est à la mode et de nombreux sites surfent sur cette tendance. Une petite définition s’impose: le crowdfunding – que l’on traduit littéralement par «financement par la foule» -  consiste à inciter les internautes à investir dans un projet. L’emblème du genre est MyMajorCompany (MMC). La société lancée en 2008 a été la première à demander aux internautes de financer des artistes. Près de trois ans plus tard, le modèle a fait école. Panorama des projets sur lesquels les internautes peuvent miser.
 
Musique
Sur MMC, les internautes peuvent miser de 10 à 1.000 euros sur l’artiste qu’ils ont choisi. Lorsque celui-ci cumule 100.000 euros d’investissement, son album entre en production. En cas de succès commercial, comme ce fut le cas avec le chanteur Grégoire, les internautes perçoivent entre 20 et 40% des recettes nettes générées. La plateforme BuzzMyBand (ex-NoMajorMuzik) fonctionne sur le même modèle.
 
Littérature
Forte de son succès, MMC a opté pour la diversification et propose désormais le financement de livres, via My Major Company Books, site développé avec les éditions XO. Elle n’est pas la seule sur ce créneau puisque le site Editions du public propose également de devenir co-éditeur.
 
Cinéma
Le film La horde a été le premier long-métrage français financé en partie par des internautes, à hauteur de 47.000 euros, via la plate-forme communautaire Motion Sponsor. Le montant minimum est de 25 euros. Les internautes peuvent aussi augmenter ce palier par tranche de 25 euros «jusqu’à atteindre le plafond maximal qui est fixé à 3% du montant à réunir», précise le site. Le principe est le même sur la plateforme Peopleforcinema.com. Chaque part vaut 20 euros (auxquels il faut ajouter 2 euros de frais) et l’investissement peut varier de 20 à «plusieurs milliers d’euros» selon le site qui ne fixe pas de plafond. Deux autres plateformes sont également de la partie, tels touscoprod.com, weareproducteurs.com ou MyDorcel pour les films X.
 
Equitation
C’est une nouveauté lancée lundi en France par le site MonChevaldeCourse.com. Il propose d’investir 99 ou 119 euros par an et de percevoir 1/1000e des gains de son cheval de course préféré. Les internautes peuvent souscrire un ou plusieurs contrats sur des chevaux, réinvestir l'année suivante sur le même cheval ou sur un cheval différent. Mais les parts investies ne peuvent être revendues.
 
Stylisme
Avec Carnet de Mode, les internautes pourront financer les collections de jeunes créateurs. La plateforme est encore en veille et ne dévoilera le nom des jeunes stylistes retenus – «des créateurs déjà réputés et de jeunes inconnus», selon Arbia Smiti, la créatrice du site - qu’en janvier prochain. Ainsi que les détails de son fonctionnement, encore flou.
 
Journalisme
Rue89 a présenté vendredi dernier J’aime l’info, une plateforme qui relève davantage de l’appel aux dons que de l’investissement puisque les internautes ne perçoivent rien en échange «si ce n’est la possibilité de déclarer le don au moment des impôts et d’obtenir ainsi une réduction fiscale», note le site 01Net. Les internautes peuvent également orienter les articles, en finançant des papiers sur un sujet précis. La plateforme forme doit voir le jour, début 2011. Le site américain Spot.us fonctionne également sur ce principe, qui s’exporte bien. Un autre site du même genre, Glifpix, doit également voir le jour très prochainement.
 
Humanitaire, voyage, design…
Le site Kiss Kiss Bank Bank – autoproclamée «Maison de créativité» - rassemble des projets variés, allant de la danse au théâtre en passant par le sport et même un trek au Népal! Même melting-pot pour Ulule.com, qui sert à financer tout type de projet (films, opérations humanitaires, artisanat, design…). Enfin, les fans peuvent également devenir co-éditeurs de jeux de société avec My Witty Games.
 
Les internautes ont donc l’embarras du choix. Mais le crowfunding est d’abord un geste de soutien qui ne rime pas forcément avec rentabilité: les premiers résultats de ces co-financements montrent pour l’instant que les internautes récupèrent leur mise de départ mais perçoivent peu ou pas de bénéfices. Mais quand on aime, on ne compte pas.