Maquettes, costumes, manuscrits, figurines, affiches de films à l'expo « Science (et) Fiction, aventures croisées ».
Maquettes, costumes, manuscrits, figurines, affiches de films à l'expo « Science (et) Fiction, aventures croisées ». -

Joël Métreau

De la puce implantée dans le corps aux intelligences artificielles rebelles, «la science-fiction a un rôle de vigilance par rapport à la technologie, mais elle nourrit aussi une réflexion sur la place de l'homme dans la société lance Clément Pieyre, conservateur à la Bibliothèque nationale de France et commissaire de l'expo «Science (et) fiction, aventures croisées». De la cité utopique de Zola dans Travail au monde virtuel de Matrix, l'exposition montre que ce genre dialogue non seulement avec les sciences «exactes» (physique, biologie, astronomie…), amis aussi humaines.
L'histoire, qu'interroge l'uchronie, très en vogue, un récit qui réinvente le passé.

La linguistique: dans Babel 17, l'auteur Delany se demande s'il existe une langue parfaite pour communiquer entre tous les êtres intelligents de l'univers. «La SF ne précède pas les sciences humaines, mais retranscrit brillamment les théories de l'époque », précise l'écrivain de SF, Ugo Bellagamba.

«Laboratoire récréatif»
Les années 1960, prisées de parapsychologie, livrent des récits autour de la télépathie. Avec l'engouement pour la psychanalyse dans les années 1970, on voit fleurir «des romans tournés vers l'intérieur humain, notamment des univers révélés par la drogue. » Une dizaine d'années plus tard, avant Internet, l'écrivain William Gibson creuse dans Neuromancien la notion de réseaux, «en se demandant en quoi ils modifient la sociabilité de l'individu, précise Ugo Bellagamba. La science-fiction, c'est un laboratoire récréatif.»

Un vaisseau spatial grandeur réelle de la série «BattleStar Galactica», la guitare électrique de Marty MacFly dans Retour vers le futur, le costume porté par Harrisson Ford dans Blade Runner… Ils ont été prêtés à l'exposition par Arnaud Grunberg, 44 ans, collectionneur d'objets et d'accessoires ayant servi à des fictions télé ou cinéma. «J'ai commencé il y a trente-trois ans en achetant des produits dérivés de La Guerre des Etoiles.»

D'achats sur Internet via eBay en rencontres avec des techniciens du 7e art, jusqu'à des ventes aux enchères chez Christie's à New York, ce passionné de science-fiction, également président du conseil de surveillance de Ludendo (La Grande Récré), a accumulé plus de 1 500 pièces, certaines visibles à la Cité des sciences et la plupart recensées sur un site Web. «Ma collection n'est pas à vendre, mais je souhaite désormais la partager avec le public – et pourquoi pas ? – en faire un musée permanent.»

Pour tous âges

Sur 1 600m2, à la Cité des sciences et de l'industrie (Paris 19e), l'exposition, jusqu'en juillet2011, est accessible à tout âge. Elle dévoile à travers extraits de films et documents les liens tissés entre la science-fiction et les sciences depuis le XVIIe siècle.