Bustes d'Hitler lors de l'exposition «Hitler et les Allemands» à Berlin, le 13 octobre 2010
Bustes d'Hitler lors de l'exposition «Hitler et les Allemands» à Berlin, le 13 octobre 2010 - O. ANDERSEN / AFP

C.P.

C’était les années 1930, les Allemands étaient déboussolés et un musée berlinois raconte à travers l’exposition «Hitler et les Allemands» comment ce peuple a choisi Adolf Hitler comme «sauveur». Ce «qu'il faut expliquer, c'est comment l'insignifiant Adolf Hitler, cet homme qui a vécu trente ans dans l'anonymat, n'a pas fait d'études, n'a aucune expérience politique, a pu être ce sauveur», explique à l'AFP l'historien Hans-Ulrich Thamer, conservateur de l'exposition.

Se prémunir des critiques

Mais parler d'Hitler, hors d'un cadre strictement académique, reste très délicat en Allemagne. «Le Musée d'histoire allemande voulait faire cette exposition depuis 2003 environ», révèle ainsi le conservateur. Un premier projet d'exposition sur la personnalité et le parcours d'Hitler avait buté sur l'opposition unanime du comité scientifique du Musée, qui craignait d'entretenir une sorte de fascination morbide pour le «Mal».

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Il y a trois ans, le Musée est cependant revenu à la charge, proposant à l'historien de travailler sur le thème très général «Hitler et le national-socialisme». «Je pouvais arranger (ce thème) à ma convenance. J'ai essayé de rassembler ici ce qui occupe actuellement la recherche historique, explique Hans-Ulrich Thamer. Nous voulons expliquer l'ascension, le mode opératoire, l'exercice du pouvoir jusqu'à la chute et l'incroyable potentiel de destruction libéré par le national-socialisme», explique-t-il.

Pour réduire tout risque de controverse, le titre même de l’exposition a été longuement réfléchi. Simplement «Hitler», c’était trop sobre. Un nom plus explicite a donc été choisi: «Hitler et les Allemands. La communauté nationale et la violence.»