Château de Wewelsburg près de Paderborn, en Allemagne le 12 avril 2010.
Château de Wewelsburg près de Paderborn, en Allemagne le 12 avril 2010. - AFP PHOTO / JOHN MACDOUGALL

Avec agences

Un mystérieux château qui devait servir de foyer spirituel aux SS après la victoire nazie abrite désormais un musée, le premier musée au monde consacré uniquement aux SS, cette garde d'élite d'Hitler qui avait fini, pendant la deuxième guerre mondiale, par compter plus d'un million de membres.

Parmi les objets exposés figurent l'agenda du chef des SS, Heinrich Himmler, des uniformes noirs, des anneaux en argent, attribués par Himmler à de officiers supérieurs, avec croix gammée et tête de mort.

Pas de glorification

Selon Moritz Pfeiffer, un historien de 27 ans qui a aidé à mettre sur pied le musée, les objets sont exposés avec des rappels historiques des crimes nazis afin d'éviter toute accusation de tentative de glorification des SS.

«L'idéologie raciste ne doit pas être représentée sans prendre en compte le contexte des crimes auxquels elle a mené», selon ce spécialiste.

Pour le ministre de la Culture allemande, Bernd Neumann, présent à l'inauguration, le musée doit être «un endroit qui rappelle les victimes comme les coupables».

Le château triangulaire

Le château triangulaire, construit au 17e siècle sur une colline du centre de l'Allemagne, non loin d'Hanovre, et qui abrite également une auberge de jeunesse, a lui même joué un rôle de premier plan dans l'histoire des SS.

Himmler en avait pris le contrôle en 1934, juste après la venue des nazis au pouvoir, pour en faire une école d'élite pour officiers SS. Il en fit peu à peu un centre spirituel nazi au sein duquel une flamme éternelle devait brûler dans une crypte circulaire.

Au dessus de la crypte, une autre salle circulaire, baptisée «salle des leaders suprêmes SS», devait, selon la légende, permettre à Himmler de se réunir autour d'une table ronde avec ses 12 principaux généraux.

Le château attire toujours des néo-nazis et les autorités cherchent à éviter qu'il ne devienne un lieu de «pèlerinage».