- PATHE

Charlotte Pudlowski

Les bandes dessinées sont portées sur grand écran depuis le début du siècle dernier, avec par exemple Bécassine, dans une adaptation qu’il vaut mieux oublier. Adèle Blanc-Sec, adaptation de la BD de Tardi qui sort ce mercredi en salles vient rappeller cette liaison qui dure, pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour la plus grande diversité. Vidéorama des différentes façons d’adapter une BD au cinéma.

 

«Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre»: la modernisation

C’est la modernisation de l’oeuvre d’Uderzo et Goscinny qui en a fait un tel succès. L’adaptation, sortie en 2002, reprend les personnages de la bande dessinée, mais truffe le film d’allusions modernes (les personnages d’Otis ou Itinéris), d’anglicismes (Guimieukis), de blagues ayant trait à la société contemporaine. C’est le travestissement de l’album, sans en faire une parodie mais en la mettant au goût du jour, qui en fait une telle réussite. Sans compter le casting très réussi: un film qui réunit Claude Rich, Monica Bellucci, Alain Chabat, Marina, et se moque du côté poète maudit d’Edouard Baer, ne pouvait qu’être une farce réussie.

«Largo Winch»: la fidélité

A l’inverse, certains réalisateurs décident de respecter fidèlement l’album qu’ils adaptent. Dans le cas de Largo Winch (personnage principal incarné par le beau Tomer Sisley), Jérôme Salle, en adaptant l’album de Francq et Van Hamme, respecte le fil de la narration et ne fait pas preuve d’une inventivité particulière. Mais pour une fois, on a le droit à un film d’action français qui n’a pas l’air français. Performance extrêmement louable.

«Persépolis»: la sublimation

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud adaptent les albums de Marjane Satrapi en gardant les dessins, l’histoire, l’émotion. Et en y ajoutant une bande-annonce galvanisante et des voix (notamment Danielle Darieux pour la grand-mère et Chiara Mastroianni pour Marjane) qui font du film Persépolis une œuvre encore plus réussie et émouvante que les albums. D’où le prix du Jury à Cannes en 2007.

«Lucky Luke»: la parodie

Jean Dujardin en Lucky Luke, face à Michael Youn et Alexandra Lamy, c’est beaucoup moins bien qu’une modernisation dans la veine d’Astérix, mais c’est une option aussi dans l’adaptation sur grand écran. Les ralentis dans la poussière du far west, les regards langoureux du cowboy parodient les albums. Le seul problème étant que l’œuvre original de Morris et Goscinny était déjà elle-même une parodie.

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«Iznogoud»: le ratage intégral

Vous avez enfin la version «on prend une BD et on la détruit à l’écran». C’est la version choisie pour Iznogoud, avec Michael Youn, dont les grimaces sont horripilantes – mais pas tellement plus que le manque de scénario, les blagues ratées, ou le jeu des autres acteurs.