Simone Veil Immortelle

CULTURE Simone Veil fait son entrée à l'Académie française ce jeudi après-midi en présence du Président de la République, Nicolas Sarkozy. Une véritable consécration...

Avec agence

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Simone Veil a reçu son épée d'académicienne au Sénat le 16 mars 2010, entourée du Président du Sénat Gérard Larcher, et de l'ancien Président de la République, Jacques Chirac.

Simone Veil a reçu son épée d'académicienne au Sénat le 16 mars 2010, entourée du Président du Sénat Gérard Larcher, et de l'ancien Président de la République, Jacques Chirac. — NIVIERE/SIPA

Simone Veil, personnalité féminine préférée des Français, fait jeudi 18 mars son entrée à l'Académie française où elle deviendra la sixième femme «immortelle» de l'Histoire, après un parcours exceptionnel, en présence de deux ex-présidents et de Nicolas Sarkozy.

Féministe convaincue, l'ancienne ministre et présidente du Parlement européen a déploré la semaine dernière que le Conseil constitutionnel, où elle a elle-même siégé pendant neuf ans, ne compte plus désormais qu'une seule femme.  

Quai Conti, les femmes ne sont désormais que cinq à porter l'habit vert sur 40 membres élus par leurs pairs, après l'entrée de Simone Veil et la disparition en 1987 de Marguerite Yourcenar. L'écrivain avait été la première à être élue sous la Coupole en 1980 grâce au soutien actif de Jean d'Ormesson qui doit prononcer jeudi le discours de réception de la nouvelle immortelle.  

Les femmes du Quai Conti

Les consoeurs académiciennes de Simone Veil sont l'helléniste Jacqueline de Romilly, élue en 1988, l'historienne Hélène Carrère d'Encausse (1990) et les écrivains Florence Delay (2000) et Assia Djebar (2005).  

L'entrée de Simone Veil dans la vénérable institution représente une consécration pour cette humaniste et femme politique au destin hors du commun, rescapée des camps de la mort, ardente militante européenne, magistrate et ministre. Elle a aussi toujours milité pour la reconnaissance du rôle des Justes qui ont permis de sauver des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.  

C'est «un très grand honneur qui m'étonne encore aujourd'hui, parce que je ne vois pas les raisons pour lesquelles je me trouve dans cette situation», déclarait modestement Simone Veil lors de son élection à l'Académie française le 20 novembre 2008.  

Un combat pour l’IVG

Née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, Mme Veil a été déportée avec sa famille à Auschwitz-Birkenau en 1944, à l'âge de 17 ans.  

Entrée en politique en 1974 comme ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle a fait voter la loi de 1975 qui porte son nom légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) au terme d'un dur combat politique et de débats agressifs qui lui feront monter les larmes aux yeux à l'Assemblée nationale.  

Pendant plus de trente ans, son maintien plein de dignité, son chignon sobre, ses yeux clairs et ses tailleurs impeccables ont dessiné une silhouette reconnaissable entre toutes. Plusieurs fois ministre, puis ministre d'Etat, de 1974 à 1995, elle a présidé le Parlement européen de 1979 à 1982 et siégé au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.  

Présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, elle a publié en 2007 son autobiographie, Une vie (Stock), vendue à plus de 550.000 exemplaires, dans laquelle elle raconte son destin de rescapée des camps, son athéisme et son féminisme. «Les vrais amis, pour moi, ce sont ceux des camps», relève-t-elle. La cérémonie sera retransmise en direct sur France 3 à partir de 14H45.    

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