Nicolas Sarkozy garde un œil vigilant sur l’après-Hadopi. Le chef de l’Etat a profité de la présentation de ses vœux au monde culturel, jeudi soir à la Cité de la musique de Paris, pour soutenir certaines des 22 propositions que compte le rapport Zelnik, remis mercredi soir au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. «Du très bon travail» s'est félicité Nicolas Sarkozy.

«Carte musique jeune», «taxe Google»...

Le président a notamment défendu l’idée d'une "carte musique jeune" pour favoriser le téléchargement légal sur Internet. Et il souhaite aller vite: Nicolas Sarkozy demande sa mise en oeuvre d'ici à l'été 2010. «Il faut réhabituer les jeunes à acheter leur musique et je souhaite la mise en place de la carte musique, fixée - je ne sais pas - à 200 euros de potentiel d'achat, et l'Etat en prendra la moitié», a-t-il avancé. Un chiffre bien supérieur à celui présenté par la commission Zelnik, mercredi, qui parlait d'une «valeur faciale de 50 euros» pour un prix de vente de 25 euros. C'est encore flou, donc.

Nicolas Sarkozy a également retenu l’idée de la «taxe Google», défendue dans le rapport. Il a d’ailleurs précisé que le ministre des Finances, Eric Woerth, lancerait prochainement une expertise pour étudier la question de la taxation des revenus publicitaires des moteurs de recherche. Autre mesure annoncée par le chef de l’Etat directement puisée dans le rapport Zelnik, celle d’étendre la politique du prix unique et de la TVA réduite (à 5,5%) au livre numérique. Enfin, Nicolas Sarkozy soutient l’idée de développer «un site ou un moteur de recherche unique pour naviguer dans la totalité des catalogues» culturels français (livres, musique, cinéma) sur Internet. Il donne un an aux professionnels pour se mettre d’accord.

Dégel du budget

Si les questions numériques ont occupé une grande partie du discours présidentiel, Nicolas Sarkozy n'en oublie pas moins les autres secteurs de la culture.

Ainsi le chef de l'Etat a annoncé le dégel total du budget 2010 du ministère de la Culture « pour aider à l'accomplissement des différents chantiers et réformes». «Entre 2007 et 2010, l'Etat aura augmenté ses crédits à la culture de plus de 6%, à quoi s'ajoute une hausse de 15% des aides fiscales, sans compter les 750 millions d'euros d'investissement dans la numérisation des oeuvres (issus du grand emprunt, ndlr)», a-t-il fait valoir, suscitant les applaudissements des professionnels venus recevoir ses voeux.

Camus

Concernant le transfert de la dépouille d'Albert Camus au Panthéon, Nicolas Sarkozy a reconnu avoir contacté la famille de l'écrivain disparu en 1960. «J'ai proposé à ses enfants qu'il intègre le Panthéon, il leur appartient désormais de prendre la décision», a expliqué le chef de l'Etat. En clair, rien n'est acté. D'autant que le fils d'Albert Camus a déjà fait part de son refus, en novembre dernier.

Enfin, Nicolas Sarkozy a assuré que Frédéric Mitterrand proposera «dans quelques semaines» et «au moins avant le printemps» un lieu pour accueillir le musée de l'Histoire de France, que le chef de l'Etat avait réclamé, lors de ses voeux pour 2009, le 13 janvier dernier.


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