La numérisation du patrimoine dotée de 750 millions d'euros

CULTURE Nicolas Sarkozy a présenté lundi matin ses arbitrages sur le grand emprunt...

Sandrine Cochard

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C’est un énorme coup de pouce pour la numérisation du patrimoine français. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a décroché lundi matin le budget de 750 millions d’euros qu’il réclamait pour financer ce vaste chantier. Il prend ainsi une sérieuse option pour se passer du géant américain Google. Explications.
 
Feu vert de l’Elysée
 
Lundi matin, Nicolas Sarkozy a présenté ses arbitrages sur le grand emprunt (voir le live en cliquant ici). Une salve d’annonces parmi lesquelles celle d’attribuer 750 millions d'euros pour la numérisation du patrimoine, conformément au souhait de Frédéric Mitterrand qui milite en ce sens depuis plusieurs semaines.
 
Avec ce feu vert élyséen, l’Etat français entend poursuivre le travail déjà entamé et affirmer son indépendance sur ce domaine. «Nous allons monter un grand partenariat public-privé, tout en gardant la maîtrise de notre patrimoine» mais «il n'est pas question de le laisser partir», a prévenu Nicolas Sarkozy en évoquant l'initiative du géant américain Google, qui a entrepris de numériser des millions de livres pour sa bibliothèque en ligne Google Books. «C'est aussi un problème d'identité, et notamment d'identité nationale», a-t-il insisté.
 
Google out?
 
Le message de Nicolas Sarkozy est clair: pas question de laisser aux autres, notamment à Google, le soin de prendre en charge la numérisation du patrimoine français. Officiellement, la France se dit «prête à discuter» avec le moteur de recherche américain. Dans les faits, le gouvernement milite activement pour mobiliser les pays européens autour d’un projet commun, porté par le portail existant Europeana. Le principe est simple: chaque pays participe à l’enrichissement de cette base en soutenant la numérisation de son patrimoine national. L’Allemagne a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait débloquer 5 millions d'euros pour mettre en place sa propre bibliothèque virtuelle qui sera reliée à la bibliothèque européenne.
 
Ce projet ne signifie pas pour autant la mise sur la touche de Google. Désormais dotée du budget qui lui était nécessaire pour assurer la numérisation de son patrimoine, la France entend poursuivre les discussions avec le géant américain, mais d’égal à égal cette fois. En attendant, le ministère de la Culture doit encore décider de la façon dont les 750 millions d’euros fraîchement gagnés seront utilisés. Il doit pour cela s’appuyer sur la commission Tessier, justement mandatée pour réfléchir aux priorités en la matière, qui doit rendre son rapport définitif mardi.

NUMERIQUE

En tout, l'enveloppe allouée aux développements du numérique (numérisation du patrimoine et généralisation du haut débit sur le territoire) s'élève à 4,5 milliards d'euros.