Au fil de ses interviews, on avait compris que Lorànt Deutsch était passionné d'histoire. Mais on ne pouvait pas imaginer à quel point. Son premier livre, Métronome (Michel Lafon), explore avec bonheur les origines de la capitale à travers les noms de ses stations de métro. Ceux-ci ne doivent rien au hasard, comme on s'en doute. Exemple: c'est près de la station Temple qu'étaient basés les templiers avant que Philippe le Bel ne songe à s'en débarrasser... Mais les stations ne sont qu'un prétexte: cette histoire de Paris vire très vite à l'histoire de France. On y croise Romains, Vikings et Francs, et redécouvre les complots de Philippe le Bel ou l'héroïsme de sainte Geneviève.

La culotte comme métaphore

Mais aussi quelques anecdotes étonnantes, comme une interprétation inédite de la chanson du «bon roi Dagobert», dont la culotte serait une métaphore de ses fricotages avec saint Eloi ! Le vrai dada de Lorànt Deutsch, c'est cette époque méconnue qui va du IIIe au XIIe siècle, pleine de Huns, de Mérovingiens et d'histoires obscures qui sonnent comme un recueil de légendes. Non content de savoir une foule de choses et de les écrire avec aisance, il les met en perspective: s'il déplore le caractère éphémère des constructions contemporaines, comme la BNF ou la Défense, c'est pour s'interroger sur ce que le XXIe siècle laissera à l'histoire. Métronome n'est pas une encyclopédie roborative et verbeuse écrite par un comédien en quête de légitimité intellectuelle. C'est une enquête, un véritable livre d'aventures écrites par un passionné à l'érudition impressionnante, qui brûle de partager son enthousiasme.

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