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Le patrimoine mondial ne se cantonne pas aux bâtisses. Elle englobe aussi la culture, notamment la tradition orale ou le savoir-faire des différents peuples. C’est ce principe qu’a voulu réaffirmer jeudi l’Unesco en sélectionnant 12 traditions, jugées en danger, pour les inscrire au patrimoine immatériel mondial. Objectif: leur faire profiter de mesures urgentes de sauvegarde.
 
Parmi ces traditions, le chant corse «Cantu in paghjella» a été retenu. La paghjella est une tradition de chants interprétés par les hommes. En voici un exemple:
 

 
«Malgré les efforts des praticiens pour réactiver le répertoire, la paghjella a progressivement perdu de sa vitalité du fait du déclin brutal de la transmission intergénérationnelle due à l'émigration des jeunes et de l'appauvrissement du répertoire qui en a résulté», note l'Unesco. De son côté, le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, s'est félicité d'un tel honneur, jeudi dans un communiqué
 
Tango
 
Le comité de sauvegarde du patrimoine immatériel de l'Unesco était réuni à Abou Dhabi. La veille, il avait distingué 76 pratiques et traditions qui appartiennent désormais au patrimoine immatériel de l'Humanité, dont le tango argentin et uruguayen. Ci-dessous, le tango argentin:
 
En ce qui concerne les pratiques nécessitant des mesures urgentes, «les Etats concernés mettront en oeuvre des plans de sauvegarde spécifiques» et «pourront aussi bénéficier d'une aide financière du Fonds créée à cet effet», selon l'Unesco.
 
Le festival du Nouvel An des Qiang, qui a lieu le premier jour du dixième mois lunaire dans la province chinoise du Sichuan, est lui aussi menacé de disparition. «Ces dernières années, la participation au festival a diminué sous l'effet des migrations, du désintérêt croissant des jeunes pour le patrimoine Qiang et de l'impact des cultures extérieures; de plus, le tremblement de terre qui a ravagé le Sichuan en 2008, détruisant de nombreux villages Qiang, a mis gravement en péril le festival du Nouvel An», relève l'organisation de l'ONU.
 
Parmi les autres pratiques nécessitant des mesures de sauvegarde, on retrouve une danse populaire traditionnelle mongole, le Biyelgee mongol:
 

 
Deux autres traditions mongoles sont à l’honneur: le Tuuli mongol (épopée mongole) et la musique traditionnelle pour flûte tsuur.
 
Les autres traditions en danger sont: le rite des Tsars de Kalyady (Tsars de Noël - Belarus); la conception et les pratiques de construction des ponts chinois en arc de bois (Chine); les techniques textiles traditionnelles des Li — filage, teinture, tissage et broderie (Chine); les traditions et pratiques associées aux Kayas dans les forêts sacrées des Mijikenda (Kenya); l'espace culturel des Suiti (Lettonie); le Sanké mon, c’est-à-dire une pêche collective dans le Sanké (Mali) et le chant Ca trù (Vietnam).

Et vous, quelle(s) tradition(s) souhaiteriez-vous voir classées au patrimoine mondial?

 

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