Luc Besson, en janvier 2008
 Luc Besson, en janvier 2008 - BENAROCH/SIPA

Luc Besson qui a dénoncé, sur Canal+ et dans «Le Monde» ce week-end, «une économie du piratage (qui) se développe sur la Toile en toute impunité», n’est pas passé inaperçu. Premier dommage collatéral: le site beeMotion.fr, qui permettait de voir gratuitement des films en streaming (c’est-à-dire directement en ligne, sans téléchargement), a suspendu ses activités.
 
Sur la page d’accueil, le webmaster explique que c’est une conséquence des propos de Besson, lequel a «dénonc(é) ouvertement beeMotion au grand jour, et a alerté Free sur notre activité, ce dernier ayant immédiatement réagi en nous sommant de stopper notre activité rapidement».

En effet, le réalisateur du «Cinquième élément» et «Le Grand Bleu» a lâché que le piratage profite à «de grandes entreprises françaises (...) impliquées à tous les niveaux de la chaîne de valeurs (qui) tirent un intérêt financier d'une activité illégale.» Et pour étayer sa thèse, il a pris l'exemple de beeMotion.fr, «de nationalité canadienne et hébergé par une grande entreprise française de télécommunications Iliad» qui détient la filiale Free.
 
Déception en ligne

La fermeture de beeMotion.fr provoque l’ire des adeptes du visionnage en ligne: «La qualité des films mis gratuitement à la disposition des internautes (est) une très bonne alternative pour ne plus télécharger nos nombreux DivX sur Emule, défend l’un des internautes. Le streaming est l’avenir de la vidéo sur Internet comme peux l’être Deezer avec la musique. Ce n’est pas Luc Besson qui pourra inverser cette tendance.»

La riposte (non graduée) sur le Net


Depuis ses déclarations, Luc Besson, plutôt populaire d’habitude, est soudain devenu le sujet des moqueries des internautes. Le principal grief qui lui est reproché? Il parlerait de ce qu’il ne connaît pas, le droit sur le Web.
 
«Il est un délit maintenant reconnu de tous: celui de visionner des films gratuitement sur son ordinateur via Internet. On appelle ça le "piratage"», a lâché Besson.

Une phrase qui a fait sourire, quand elle ne les énervait pas, les acteurs du Net français. Car non, «visionner un film gratuitement sur Internet n'est certainement pas un délit, rétorque Me Eolas, un magistrat au blog très suivi sur la toile. C'est même en principe parfaitement légal, ça ne devient illégal que si la personne qui diffuse les images n'en est pas l'auteur et n'a pas reçu l'autorisation de celui-ci. Ainsi, la plupart des vidéos sur les sites du type Youtube ou Dailymotion sont parfaitement légales. Même des vidéos de qualité professionnelle, comme des clips d'artiste.»

L'avocat s’est fendu d’un long billet pour démonter, dans un pamphlet délicieusement ironique, les mots de Besson. Résultat: un massacre en règle du cinéaste, qui aurait fermé dès dimanche soir son compte Facebook pour «éviter les critiques», s'emballent ses opposants.

Et vous, qu'en pensez-vous?

Enquête
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a donné du crédit à Luc Besson, en demandant la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le «piratage industriel» qui se développe avec certains sites diffusant en streaming des contenus protégés sans payer de droit d'auteur.

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