Le prix Virilo contre le prix Femina

LIVRES Un prix littéraire qui sent la testostérone...

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 Le jury du prix Virilo

 Le jury du prix Virilo — DR

On s’était promis de ne plus parler de chaque nouveau prix littéraire qui se crée chaque année - on en dénombre actuellement près de 1.500 rien qu’en France. Mais la règle vaut bien une exception, car cette fois, le prix vaut son pesant de cacahuètes. Il s’appelle Virilo. «Virilo» comme viril mais avec un «O».
 
Le prix se décline ainsi en trois catégories: le Prix Virilo lui-même, qui «récompense un roman publié dans l'année ayant touché le jury par son audace littéraire»; The Virilo Prize, «l'équivalent du Prix Virilo en littérature étrangère»; et le Prix Trop Virilo, qui «récompense la poussée littéraire de testotérone la plus vivace de l'année».

Un prix qui fait mâle


Absurde? Oui, mais c’est assumé. «Le nom "Prix Virilo"' est objectivement ridicule, explique Philippe Butigieg, jeune président du jury. Mais il ne fait que montrer le grotesque du nom "Femina" et des autres jurys "sexués" ou communautaires.» Car la naissance de ce prix répond à un besoin: «rétablir l'équilibre, en apportant l'alter ego au Femina. Alors seulement la littérature cessera d'être pied-bot». Et pour parfaire la complémentarité Virilo/Fémina, le premier est décerné le même jour que le second - attribué à Jean-Louis Fournier pour «Où on va papa?» (éditions Stock) - ce lundi 3 novembre.

Parmi les huit romans retenus dans la sélection du prix Virilo, on retrouve justement l’ouvrage de Fournier, ainsi que «Courir» de Jean Echenoz et «Un chasseur de lion» d’Olivier Rolin. Le gagnant vient d'êre désigné: il s'agit de Robert Alexis pour «Les figures» (éd. José Corti).

La récompense? Alors que le prix Goncourt offre dix euros symboliques à l’élu, les organisateurs confient être «fiers de donner onze, nous avons bien dit onze euros, soit un euro symbolique plus grand, plus riche, plus fort... En un mot, plus viril.»

 

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