Arielle Dombasle: «Je ne sais pas ce qui est érotique, mais je sais ce qui ne l'est pas»

INTERVIEW Arielle Dombasle est l'une des réalisatrices de «X femmes»...

Recueilli par Alice Antheaume

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 Arielle Dombasle

 Arielle Dombasle — SIPA

Arielle Dombasle est l’une des réalisatrices de «X femmes», une série de courts-métrages allant du porno au suggestif, en passant par l'érotique, programmée sur Canal+, le 25 octobre à minuit. Interview.
 
Parmi la série de courts-métrages des «Femmes X», le vôtre est le moins trash. On n’y voit pas d’image en gros plan de la sexualité. Pourquoi?

Faire la singerie d’un film porno, cela ne m’intéressait pas. Filmer des gros plans de sexe façon boucherie, non plus. Ce serait trop facile de montrer une orgie d'organes, quel conformisme! Car en fait, tout l'art est dans la suggestion du désir et dans le style. J’ai accepté ce projet parce que c’était du domaine de l’extravagant, de la liberté, en dehors du jeu commercial. Mais ce qui m'a amusé, c’était de réaliser un court-métrage d’art et d’essai.
 
Qu’est-ce qui est érotique selon vous?
Je ne sais pas ce qui l’est, mais je sais ce qui ne l’est pas. La sexualité toute crue, ce n’est pas érotique. Pas plus que la banalité, l’imagination normative ou le langage convenu.
 
Les hommes, dans votre film, semblent des obstacles. Ils ne participent pas vraiment à la sensualité des scènes.
Au contraire! L’un, le commissaire de police, incarne le surmoi, la conscience. Les autres, ces hommes qui attendent en file indienne dans les escaliers pour apercevoir le plus joli bijou indiscret du monde, symbolisent le «ça», la montée du désir.
 
Ils se battent comme des animaux. Ce n’est pas très érotique, si?

Mais c’est ça, les forces désirantes! Ce n’est pas un truc fleur bleue, c’est très violent. C’est une charge ravageuse.
 
Dans votre court métrage, vous montrez des Barbies. Pourquoi?
La première représentation de la femme idéale que l’on a quand on est petite fille vient de nos poupées. Or la poupée la plus populaire au monde s’appelle Barbie, le symbole d’une perfection au sexe absent. C’est justement cette absence qui éveille toutes les curiosités à venir et les promesses de bonheur.

 

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