Versailles, Koons et kitsch

« J'aime à croire que si Louis XIV régnait de nos jours, il m'aurait commandé une oeuvre... » Alors que dix-sept de ses réalisations sont exposées au château de Versailles, Jeff Koons ne boude pas son plaisir. L'artiste américain, connu pour ses scul...

Benjamin Chapon - ©2008 20 minutes

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« J'aime à croire que si Louis XIV régnait de nos jours, il m'aurait commandé une oeuvre... » Alors que dix-sept de ses réalisations sont exposées au château de Versailles, Jeff Koons ne boude pas son plaisir. L'artiste américain, connu pour ses sculptures pop monumentales et iconoclastes, est surtout le créateur vivant le plus cher au monde. Jeff Koons n'en a cure : « L'argent ne m'intéresse pas, c'est l'impact de l'art sur l'humain qui m'intéresse. »

Justement, les réactions des humains à son fameux homard placé dans le salon de Mars sont mitigées. Les amateurs d'art contemporains sont ravis : Jeff Koons, un des artistes majeurs de sa génération, n'avait jamais été exposé en France. Les conservateurs de Versailles sont irrités : la perspective de la galerie des Glaces est cassée par Moon, une baudruche de trois mètres de diamètre en acier. Le public cosmopolite affiche une indignation discrète. A part peut-être cette touriste japonaise, en pleurs : « Venir à Versailles était mon rêve. Et là, tout est gâché à cause de ce gros caniche violet. »

Dans l'ensemble, l'exposition déçoit. Les sculptures, rendues illisibles dans le décor déjà surchargé de Versailles, n'interpellent ni ne dérangent. Jeff Koons déclare, sans que l'on puisse le prendre au sérieux : « Elles se sont imposées d'elles-mêmes dans chaque pièce... » Sur un point, la rencontre entre l'artiste et le château est cohérente : l'un et l'autre partagent une morgue mêlée de ringardise intemporelle.

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