A qui profite le jackpot de «Bienvenue chez les Ch’tis»?

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Publié le 8 avril 2008.

CINEMA - La comédie de Dany Boon a déjà rapporté quelque 100 millions d'euros de recettes...

Carton pour «Bienvenue chez les Ch’tis». Avec 17.405.832 entrées après cinq semaines d’exploitation (six si l’on compte la semaine de sortie en avant première dans le Nord-Pas-de-Calais et dans la Somme), le film de Dany Boon a dépassé le score de «La Grande Vadrouille». La comédie, d’un budget de 11 millions d’euros, a déjà rapporté quelque 100 millions d'euros de recettes. Mais à qui profite le jackpot?

- A Dany Boon
Outre son salaire fixe de 900.000 euros, ses contrats d'acteur et d'auteur-réalisateur prévoient des clauses d’intéressements et de participation sur les entrées, les sonneries de téléphone, la vidéo à la demande, les DVD, les produits dérivés et sur la vente d’un remake.

Mais le jackpot est peut-être ailleurs: «lorsque le film aura atteint 2 millions d'entrées en France, le producteur versera à l'auteur une somme de 0,30 euro par entrée supplémentaire, et ce sans limitation de somme ni de durée», détaille le contrat de Dany Boon. Avec déjà plus de 17 millions d'entrées, cela fait donc environ 4,5 millions d'euros de bonus dans la poche.

- Aux autres acteurs
On ignore les détails de chaque contrat. Selon «Le Point», l'acteur principal Kad Merad aurait un fixe de 144.000 euros ainsi qu’un intéressement de 45.000 euros au bout d'1,5 million d'entrées (déjà acquis), puis 0,135 centime par entrée jusqu'à 4 millions de spectateurs. Il arrive que certains contrats soient renégociés a posteriori lorsque le succès du film est époustouflant.

Les acteurs auront de toute façon un bon retour sur investissement car avoir joué dans un film de cette côte fait monter leurs cachets pour les prochains films.

- A la région
Les bistrots et restos de Bergues, la ville du film, ne désemplissent plus. Il y a même un «Ch'ti tour» mis sur pied par l'office du tourisme. Le syndicat des producteurs de Maroilles assure que les ventes de fromage ont augmenté de 7 à 10% depuis le film et celles des bières Castelain de 30% par rapport à 2006. Mais la palme revient aux produits estampillés “Ch’ti” qui ont crû de 239% entre mars 2007 et mars 2008.

- A la production

Tous ceux qui ont financé le film s’y retrouvent. Notamment TF1 et Pathé (producteur et distributeur) mais aussi le Centre régional de ressources audiovisuelles du Nord-Pas-de-Calais (Crrav) qui a investi 300.000 euros — et déjà récupéré 1,2 million d’euros. «On n’avait jamais imaginé ça, confie la directrice Marie-France Berthet. L’an dernier, nous n’avions récupéré que 100.000 euros sur l’ensemble des films soutenus». Du coup, selon ses prévisions, le Crrav devrait devenir le 2e fonds de soutien au cinéma en France après celui d’Ile-de-France.

- Aux salles de ciné
Selon le Centre National de la Cinématographie, la fréquentation des salles a enregistré, en mars 2008, 49,1% d’augmentation par rapport à mars 2007. Carton local mais pas que. Les salles du reste du pays n'ont pas échappé à la ferveur chtimi. «D’habitude, on fait environ 1.000 entrées par copie en une semaine, explique-t-on au Mélies, un cinéma de Montreuil en banlieue de Paris. Avec “Les Ch’tis”, on a fait 2.500 entrées», explique le directeur Stéphane Goudet qui a dû refuser du monde. Sachant que le Méliès récupère environ 2 euros sur chaque billet vendu, il a décidé de remettre le film à l’affiche.

Autres avantages pour les salles: «Bienvenue chez les Ch’tis» dure 1h42. Ce qui permet de cumuler les séances plus facilement qu’un film de 3 h comme «Titanic». En outre, ce genre de film très familial draine les non habitués. «On fait beaucoup de plein tarif», ajoute Stéphane Goudet.

Les losers
Et oui, l’aventure «Ch’tis» ne profite pas à tout le monde. Les autres films sortis ces dernières semaines souffrent du manque de place sur les écrans. «Tant que la demande est forte, les Ch’tis resteront à l’affiche», explique Michel Vermoesen, exploitant de salles et président de la chambre syndicale des exploitants du Nord-Pas-de-Calais. Du coup, il y a embouteillage, surtout lorsque les salles n’ont qu’un écran. Le seul à qui les Ch’tis risquent de coûter des sous, c’est le PSG qui, à cause de la banderole «Pédophiles, consanguins...», va peut-être devoir payer une amende.
Alice Antheaume et Vincent Vantighem
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