Langue de Saint Antoine, tibia de Sainte Hélène… Le Vatican met en garde les fidèles contre les fausses reliques

RELIGION Vous pensiez offrir une fiole de sang de Sainte-Lucie à Noël ? C’est une mauvaise idée…

B.C. avec AFP

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Le Saint-Suaire de Turin a été montré au public en avril 2015

Le Saint-Suaire de Turin a été montré au public en avril 2015 — PACIFIC PRESS/SIPA

Le Vatican a mis en garde samedi les fidèles catholiques souhaitant offrir un cadeau à leurs proches pour Noël contre le trafic de reliques de saints vendues par des sites internet ou des magasins d'antiquités, soulignant que ce commerce était « absolument » interdit par l'Eglise.

« Le commerce (ou) la vente de reliques est absolument interdit », a souligné la Congrégation pour la Cause des Saints dans un nouveau guide destiné à l'Eglise et expliquant comment vérifier l'authenticité des reliques et préserver celles qui ont été reconnues comme étant authentiques.

Un sacré commerce

Les ossements, cheveux, doigts et autres restes des saints de l'Eglise catholique ont été préservés et vénérés pendant des siècles, comme la langue de Saint-Antoine de Padoue et la tête de Sainte-Catherine de Sienne, attirant des foules de fidèles dans les sanctuaires où ces reliques sont conservées.

Mais des magasins d'antiquités et des sites de commerce en ligne vendent aussi de supposées reliques de saints considérés comme mineurs. Non seulement cette vente est interdite, mais les reliques ne peuvent pas être exposées dans les églises pour la vénération des fidèles sans certificat attestant de leur authenticité, a souligné la Congrégation.

Le manuel distingue les reliques majeures comme « le corps, parties notables du corps et cendres des bienheureux et des saints » des reliques mineures comme «les objets qui ont été en contact direct avec leur personne. »

De longues procédures d'authentification

C'est aux évêques que revient la charge de vérifier l'authenticité des reliques, comme des traces de sang sur une ancienne étoffe, avec l'assistance d'un tribunal composé d'un médecin ou d'un spécialiste de médecine légale et de deux croyants.

Si cette équipe n'est pas en mesure de se prononcer dans l'immédiat, l'objet susceptible d'être une relique doit être conservé « sous clé », sous la garde de l'évêque ou d'un suppléant digne de confiance, « des mesures spéciales devant être prises pour qu'il ne soit ni volé ni profané. »

Le corps d'un saint ou d'un bienheureux ne doit pas être démembré sans l'autorisation expresse de la Congrégation, souligne-t-elle. Une fois son authenticité reconnue, la relique devra être conservée dans un reliquaire.

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