• Trois épaves ont été découvertes à quelques mètres sous terre, à Marseille.
  • Le lieu était en effet autrefois sous le niveau de la mer.
  • Seule une épave va faire l’objet d’une conservation.

Il était une fois… un grand complexe immobilier dans le quartier de la Joliette, comprenant notamment un vaste parking de deux étages. Porté par la société Eiffage Immobilier, ce projet d’aménagement situé au 22, rue Jean-François Leca s’est transformé, entre juillet et octobre, en un site archéologique. Et pour cause : ces travaux ont abouti à la mise à jour de vestiges, et notamment trois épaves de bateaux, dont la plus importante mesure pas moins de 6,60 m de long, pour 2,2 m de large.

Des épaves de bateau découvertes par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives à moins de deux mètres sous terre, en plein cœur de la cité phocéenne ? L’histoire peut sembler peu commune, mais s’explique par le fait que pendant longtemps, cette partie de Marseille était complètement immergée. Jusqu’aux années 1844-1853, avec la création du port, l’anse de l'Ourse et celle de la Joliette servaient de port à l’une des cités maritimes les plus importantes de France. Le terrain une fois remblayé, les vestiges se retrouvent piégés… jusqu’en 2017.

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Une seule épave conservée

Ces trois épaves, datées de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, n’ont pas parcouru les mers, puisqu’elles servaient probablement quotidiennement sur le port, notamment pour l’arrivée et le départ des bateaux. Elles ont été retrouvées au milieu de nombreux objets du quotidien retrouvés, comme des pots de moutarde ou encore 300 paires de chaussures (sic !) qui font actuellement l’objet d’une dessalinisation pour pouvoir être ensuite étudiés.

Mais le choix a été fait de ne préserver qu’une seule épave, la plus grande, qui servait auparavant à recueillir les ancres des plus grands bateaux. L’épave a été minutieusement grutée à l’aide de sangles et qui est arrosée une fois par semaine pour éviter au bois qu’il sèche et se détériore, avant d’être, un jour peut-être, exposé au musée d’Histoire.

La Corderie s’invite dans le débat

Les deux autres étant amenés à disparaître sous le béton du parking à venir. « La première épave est la même qu’une que l’on conserve déjà au musée, en plus grand et meilleur état », justifie Xavier Corre du musée d’Histoire de Marseille. Quant à la seconde épave, le musée avance le fait qu’un bateau identique est en cours d’acquisition. Les archéologues assurent toutefois avoir gardé une trace des épaves, sous forme de croquis ou de photos par exemple. 

Des remarques qui n’ont pas manqué de réagir les défenseurs du site de la Corderie, présents lors de cette conférence de presse. Ne comprenant pas la décision de classer une partie seulement du fameux site antique, l’une des opposantes Sandrine Rolengo s’est adressé, dans un échange qui a vite tourné court, aux architectes et représentants de l’Etat, ces derniers arguant que ce sujet n’était pas celui à l’ordre du jour en ce jeudi.