VIDEO. Mort de Johnny Hallyday: «C'était un Viking, une force de la nature», raconte son ancien coach sportif

DISPARITION Johnny Hallyday s’est éteint à 74 ans ce mercredi à 2h34 dans à son domicile de Marnes la Coquette. Pendant une vingtaine d’années, Hervé Lewis a été le coach sportif du rockeur. Il livre à 20 Minutes certains de ses souvenirs…

Propos recueillis par Floréal Hernandez

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Johnny Hallyday sur la scène du Palais des Sports.

Johnny Hallyday sur la scène du Palais des Sports. — Jean-Jacques Levy/AP/SIPA

  • Hervé Lewis a suivi Johnny Hallyday sur ses lieux de villégiature – Los Angeles, Saint-Tropez – passant parfois trois mois dans le quotidien du rockeur.
  • Le chanteur appréciait la musculation et il lui arrivait de « bien se donner » selon son ancien coach.

Bandana sur la tête, bouc et pattes finement taillés, Hervé Lewis ne passait pas inaperçu aux côtés de Johnny Hallyday. Pendant près d’une vingtaine d’années, le coach sportif s’est occupé du physique du chanteur. Ce matin, il ne cachait pas son émotion après la mort du rockeur. « Je suis ému, il n’y a pas que moi, tous les Français ont été émus. »

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Aujourd’hui photographe, notamment pour une célèbre marque de lingerie, Hervé Lewis revient pour 20 Minutes sur ces années où il a suivi Johnny Hallyday entre Paris, Saint-Tropez et Los Angeles, oscillant entre haltères et guidon d’Harley-Davidson.

Comment êtes-vous arrivé à travailler avec Johnny Hallyday ?

C’est Pierre Billon, l’auteur de J’ai oublié de vivre, qui nous a présentés. Le courant est passé tout de suite entre nous. On a commencé à s’entraîner ensemble de temps en temps, puis de plus en plus. Puis il a fait appel à moi pour préparer ses concerts, pour atténuer quelques excès. Il a pris goût au sport. A Paris, je le voyais tous les jours. J’ai été avec lui pendant un mois, deux voire trois mois à Los Angeles. Je l’ai aussi accompagné à Saint-Tropez, où il avait fait installer une salle de sport dans sa maison.

Pendant combien de temps l’avez-vous entraîné ?

Je n’ai pas la mémoire du temps. Mais on a débuté à la fin des années 1970, début des années 1980. On a arrêté un peu après l’arrivée de Laeticia dans sa vie. Ça s’est fait assez naturellement. Je souhaitais passer à la photo. Avec Johnny, je n’étais jamais là, il allait s’installer à l’étranger. Moi, je voulais me poser, construire quelque chose. Je lui ai présenté quelqu’un qui a pris la suite.

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Johnny Hallyday à l'Olympia en 1962.

Johnny Hallyday était-il un élève facile à coacher ?

Ce n’est pas le mot. Il a toujours été dans l’excès dans ce qu’il faisait et il pouvait l’être également dans le sport. Quand il s’y mettait, il s’y mettait. On pouvait aller deux ou trois heures à la salle. C’était un Viking, une force de la nature. Avec lui, on travaillait l’endurance, la musculation. Je lui faisais un petit cocktail à ma façon. J’y mettais aussi un peu de boxe. Par période, il a été très en forme. Johnny était grand, carré d’épaules, beau gosse. Il aimait soulever de la fonte. Il se donnait bien.

Vous parliez des excès de Johnny Hallyday… alcool, drogue. Le sport lui permettait de les gommer un peu ?

Moi, je n’ai toujours bu que de l’eau. Johnny avait des excès, il était très solide et très fragile. Il ne buvait pas pour boire. Ça lui permettait d’oublier qui il était, son enfance, son passé. Il a été abandonné par son père, sa mère. Il avait cette blessure, cette cicatrice, cette tristesse au fond. Sur scène, il avait ce côté animal. Seul, il devait ressentir ses blessures d’enfance dont il devait souffrir. L’apport de l’énergie du sport lui permettait de se sentir bien.

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Après votre collaboration, avez-vous continué à le voir ?

Beaucoup moins. Je l’ai eu au téléphone, il y a quelques années, c’était très sympa. Je garde en tête nos bons moments. On a notamment traversé à moto ensemble les Etats-Unis de Miami à Los Angeles​.

Vous êtes aujourd’hui photographe. Johnny Hallyday était-il photogénique ?

Il avait ce truc animal, ces yeux turquoise sublimes. Ce regard était unique. Il avait cette allure féline. Quand il arrivait quelque part, avec son charisme hors du commun, tout le monde s’arrêtait, les hommes politiques redevenaient des petits garçons. Johnny était une source d’énergie.